LA BATAILLE DE PARME
Pour divertir les dames Aussi nos généraux, Sous la ville de Parme On joue des couteaux.
Ah ! voyez donc comme on les mène,
Les Allemands!
Ah ! voyez donc comme on les mène Joliment !
Messieurs de Picardie Soutinrent vaillamment
r. Le maréchal de Coigny avait rangé ses troupes en bataille dans une plaine, sous le glacis de Parme ; les Allemands sortirent de leur retranchement, le 29 juin, pour les attaquer. « On leur a d'abord opposé le régiment de Picardie, la brigade de Champagne ensuite, et enfin toute l'infanterie, hors quelque moment où le régiment de Champagne a donné la baïonnette au bout du fusil, ce qui n'a pas duré, parce qu'il n'a pas été soutenu assez à temps. Le combat s'est passé à coups de fusil, à très peu de distance; il a duré depuis onze heures du matin jusqu'à huit heures du soir sans discontinuer. C'était un acharnement des deux côtés, comme si c'eût été chaque combat singulier ; ça a été une vraie boucherie. Le combat a fini avec le jour, chacun est resté de son côté sur le champ de bataille, dont nous sommes restés maîtres à la fin, parce que les Impériaux se sont retirés dans leurs retranchements et que la nuit ils ont décampé sans trompette, à petit bruit. » (Journ. de Barbier?)
78 Cl air amb aul t- Maurepas.
D'une façon hardie, Champagne également.
Dans sa noble furie, Le régiment du Roi N'entend pas raillerie; Il se bat bien, ma foi.
Toute l'infanterie Eut sa part au gâteau, Et jamais en la vie N'y eut combat si beau.
Coigny l dans la bataille Ressemblait à Villars, Et Broglie tout coup vaille En a bien eu sa part i.
1. François de Franquetot, marquis, puis duc de Coigny (1670-1759), était depuis 1704 colonel général des dragons, lorsqu'il fut appelé en 1734 à commander l'armée d'Italie. François-Marie, duc de Broglie (1671-1745), lieutenant général dès 17 10, partageait avec lui ce commandement. Tous deux avaient été créés maréchaux de France, le 14 juin. « Ils étaient vifs, avides de renommée, fermant un peu trop les yeux sur la discipline, et dès lors aimés du soldat ; très propres aux coups de main, excellents en second ou à la tête d'un corps d'armée peu considérable, mais incapables d'embrasser le détail immense d'une armée entière ; au reste, bons patriotes et agissant de concert pour le bien de la cause commune. » (Vie privée de Louis XV.)
2. Telle n'était pas l'opinion unanime, d'après ce que rapporte Barbier. « Gens qui étaient tout au milieu m'ont
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Mercy voulait nous battre, Mais nous l'avons battu ; Il fit le diable à quatre, Le voilà bien tondu '.
Le reste de l'histoire, C'est que l'on court après, Le soldat à bien faire Etant toujours tout prêt.
Alors, sans plus attendre, L'ennemi s'en alla, Afin de laisser prendre En passant Guastalla'-.
Dedans catte rencontre Des drapeaux on prit cinq, Que j'avons eus pour montre Au Roi et au Dauphin.
J'avons bien de la peine, Le Roi le sait fort bien ; Mais la gloire nous mène, On ne se plaint de rien.
bien dit qu'on ne les avait vus en aucun endroit et qu'ils se tenaient derrière les combattants. »
1. Claude Florimond, comte de Mercy, qui commandait l'armée impériale en Italie, fut tué dans la bataille d'un coup de fauconneau.