‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 37 sur 192 · SURPRISE DE GUASTALLA · texte numérisé non relu

SURPRISE DE GUASTALLA

Broglie, ce fameux général,

Menace de tout prendre ; Il se croit plus grand qu'Annibal,

Plus guerrier qu'Alexandre.

I. Les troupes impériales étaient campées auprès de la Secchia, sur la rive opposée à celle qu'occupaient les Français. Malgré le voisinage de l'armée ennemie, nos généraux qui n'avaient pas l'intention de l'attaquer, ni de rien entreprendre, semblaient s'imaginer que la campagne était finie, et ne songeaient à prendre aucune précaution. Comme la rivière était guéable en plusieurs endroits, les Allemands en profitèrent, dans la nuit du 15 août, pour tenter un coup de main qui leur réussit. « Le maréchal de Broglie se livrait au sommeil avec la même sécurité que s'il dormait dans son hôtel à Paris. Il y avait à peine deux heures qu'il reposait, lorsqu'il est réveillé en sursaut par un grand bruit d'armes et par les cris des combattants ; il se lève en diligence et veut se mettre en état de courir où le danger l'appelle ; il n'en a pas le temps ; l'attaque avait été si imprévue et si bien combinée qu'après avoir forcé un faible détachement de cinquante hommes qui gardaient le gué, les ennemis passent la rivière, traversent son quartier et pénètrent jusqu'à sa tente. En chemise et ses culottes à la main, Broglie est trop heureux de se sauver et d'abandonner tout. Cette petite disgrâce, suite nécessaire de sa présomption et de son imprudence, fournit matière pendant quelques jours aux bons mots du soldat, mais comme sa bravoure n'était point équivoque, .sa réputation n'en souffrit pas. » ( Vie privée de Louis XV.)

Clairambault- Maurepas.

Il se moque de l'Allemand,

Puisqu'au mois de septembre

On voit qu'en pantoufle il l'attend, Même en robe de chambre.

Dans un bon lit bien endormi

Avec de telles armes Il ne craint point que l'ennemi

Lui donne des alarmes, Il pense que les Allemands

N'oseraient en découdre Et qu'ils prendront ses ronflements

Pour quelque coup de foudre.

Le Roi le doit récompenser

Pour sa belle trouvaille D'avoir eu l'esprit d'inventer

Un tel champ de bataille.

Désormais il ne craindra pas

Que son cheval se cabre, Puisqu'avec de bons matelas

Il peut parer le sabre.

On doit remercier Fleury

Du choix d'un si grand homme

Et d'avoir laissé là Tingry l

Comme à charge au royaume,

Vu que ce prince à contre-temps

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