‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 54 sur 192 · LA CAMPAGNE D'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LA CAMPAGNE D'ALLEMAGNE

On demande à nos généraux, Qu'avez-vous fait, prudents héros ?

Etiez-'vous en campagne ?

Eh bien !

Pour garder l'Allemagne

Vous m'entendez bien ?

Pourquoi me blâmer, dit Coigny,

D'avoir évité l'ennemi?

N'a-t-on pas vu ma bîle S'armer contre Belle-Isle ?

J'arrive à lui fort résolu ;

Mais, quand Seckendorff eut paru *,

Je craignis manigance,

Malgré cela j'avance.

I. Frédéric-Henri, comte de Seckendorff, général autrichien, défit à Clausen, avec 40000 hommes, l'armée française. Cette bataille détermina la conclusion de la paix.

C lairambaul t-Maurepas.

D'abord un village je pris, Il est vrai qu'il me fut repris ;

Mais, la nuit survenue,

Il me prit la brelue.

Enfin, quand tout était sans bruit, Je fis au milieu de la nuit

Faire une ample décharge, Pour l'honneur de ma charge.

Dans cette décharge à propos, A péri monsieur de Charost ' ;

Est-ce là ne rien faire,

Contre son adversaire ? —

Coignv, pour l'œuvre couronner, A Seckendorff a fait donner

De Clausen l'abbaye,

Pour s'en ôter l'envie.

Sur tant d'exploits, que dit Paris ?

Il est de différents avis :

Les uns sont Fouquetistes,

Eh bien !

Et les autres Coignistes, Vous m'entendez bien ?

I. Armand-Louis de Béthune, marquis de Charost, tué dans la campagne d'Allemagne le 23 octobre 1735, et enterré à Trêves avec grande pompe.

Année ij35. 119

Page 1