‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 65 sur 192 · Charles Colbert de Croissy. Cf. ci-après, p · texte numérisé non relu

Charles Colbert de Croissy. Cf. ci-après, p

2. L'archevêque de Narbonne est un de ces prélats tolérants qui refusent de prendre parti dans les querelles pré-

•}6 Clairambault- Maure-pas.

Prélat autrefois le plus beau

Oui fût dans notre sainte Eglise,

Nous vécûmes à notre guise.

Car pouvait-il fort décemment

S'irriter de notre conduite,

Quand en dépit du loyolite

A vouloir juger il hésite,

Un évêque réappelant

Haï partout comme Satan !

Bientôt après ce lieu d'asile

Devenant pour nous moins tranquille

Nous décampâmes nuitamment.

Par ma foi, cette vie errante,

A la fin ennuie et tourmente

Et je ne vois pas le moment

Où d'un voyage détestable,

Parachevant le triste cours,

Je reverrai la ville aimable,

Séjour des ris et des amours,

Où le curé de Saint-Sulpice,

Tout occupé de sa bâtisse,

Sait comme on mène les brebis

De l'archevêque de Paris.

sentes de l'Église. (M.) — C'était Réné-François de Beauvau du Rivau, qui avait été successivement évêque de Bayonne et de Tournay, archevêque de Toulouse et de Narbonne.

Année i~3G. 157

post-scriptum *

J'ouvre ma lettre pour vous dire Que je pars précipitamment, L'évêque vient heureusement De mettre fin à mon tourment.

Au fond je n'en saurais médire Quoiqu'un peu de délai pourtant Pour m'arranger n'eût pu me nuire; Mon amant en est en délire ; La crainte qu'on ne dise ici Qu'il a fait comme d'Assoucy 2, Le tourmente ; il en jure, il crie, Il maudit jusqu'à sa patrie; Si l'évêque eût changé d'état Il dégainait, et du prélat C'en était fait; une satyre, • Arme que de la plume il tire, L'unique dont il s'est servi Est mise au lieu, trait bien hardi Qu'il décroche après avoir fui, De même que fit d'Assoucy.

Messieurs, c'est un ouvrage à lire,

1. Pour l'intelligence de ce P. -S., il faut savoir que M. Bonnier écrivit une lettre fort vive à M. l'évêque de Montpellier, datée du 6 février au soir. (M.)

2. Voyez le Voyage de Bachaumont et de Chapelle, ou le Dictionnaire de Bayle à l'article d'Assoucy. (M.)

38 Clairamb ault-Maurepas.

Car dans son genre il est fini.

Je n'ai le temps de vous en dire Que quelques traits que j'ai saisi, Qui sûrement vous feront rire, Et qui m'ont bien fait rire aussi, Car n'est besoin de vous instruire Que moi je ris de tout ceci.

L'èvêque s'est laissé séduire.

Et souffre tout excepte lui.

Lui, c'est un exemple à son dire Que qui le cannait bien, l'admire, Et très digne d'être suivi, Sage, pieux, modeste aussi Dans sa façon de se conduire.

Et moi, je suis vierge et martyre, El nous n'étions venus ici One pour avoir soin des églises Et plusieurs saintes entreprises y Et pour prix de ces actions, Toutes pour le divin service, (Voyez un peu quelle injustice!) On nous pourchasse et nous fuyons.

Année i"36. 139

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