La reine. (M
2. Ce couplet-ci n'est pas de cette chanson : il fait partie d'une autre chantée dans une fête à Luciennes en 1737. (M.) — C'est possible, mais en intervertissant, comme nous l'avons fait, l'ordre assigné aux troisième et quatrième couplets par les manuscrits , ces quatre vers se rattachent parfaitement à l'ensemble de la chanson.
Le Roi avait fait longtemps preuve d'une tendresse constante et passionnée pour son épouse ; à ceux qui voulaient fixer ses regards sur les beautés de la cour, il répondait : Je trouve la reine encore plus belle. Ce furent les froideurs de Marie Leczinska qui le détachèrent d'elle. « Un domestique principal de la reine m'a dit, raconte le marquis d'Argenson, que c'était cette princesse qui avait fait la première divorce avec le Roi ; que depuis deux ans il avait Mme de Mailly. Quand la reine en fut informée, elle s'imagina sottement qu'il y avait du risque pour sa santé, puisque Mmc de Mailly avait eu accointance avec des libertins de la cour. Elle refusa donc les droits de mari au Roi, car il allait souvent coucher avec elle. La dernière fois il passa quatre heures dans son lit sans qu'elle voulût se prêter à aucun de ses désirs. Il ne la quitta qu'à trois heures du matin, en disant : Ce sera la dernière fois que je tenterai l'aventure ; et ce fut la dernière fois. »
Louise-Julie de Nesle-Mailly (1710-1751), fille de Louis de Nesle, mariée à l'un de ses cousins Louis Alexandre vi. 16.
1 86 Clair amb aul t- Maure-pas.
Je vais gouverner par moi-même Tous mes Etats;
On verra mon ardeur extrême Dans les combats;
Je veux qu'on obtienne les grâces
Par mon canal; Je vais me revêtir des places
Du cardinal;
de Mailly, dame du palais de la reine, devint, dès l'année 1733, la maîtresse du Roi. Mais cette liaison ne fut bien connue qu'à la fin de l'année 1736. « Elle était très aimanté, très caressante, pourvue du manège nécessaire pour apprivoiser le moderne Hippolyte. Elle n'était ni jeune, ni belle, ni même jolie. Agée de près de trentecinq ans, elle n'avait de remarquable dans le visage que deux grands yeux noirs assez bien fendus, très vifs, d'un regard naturellement dur, mais qui, adouci pour le monarque, ne conservait que cette hardiesse, indice du tempérament, aiguillon puissant pour provoquer un novice aux combats amoureux. Le son de sa voix rude ne faisait que confirmer cette annonce que complétait encore sa démarche délibérée et lascive. Un tel extérieur, dans la circonstance, était infiniment préférable à la gorge la plus appétissante, aux bras les mieux arrondis, à la noblesse, aux grâces, à tous les attraits de cent beautés de la cour. Elle les surpassait en outre par un talent qui supplée à bien des charmes, par l'art de la toilette, qu'elle possédait au suprême degré, par un goût exquis que ses rivales tâchaient en vain d'imiter. Enfin la nature l'avait amplement dédommagée de ce qu'elle lui avait refusé du côté de la figure, par les qualités de l'esprit et du cœur. Elle était amusante, enjouée, d'une humeur égale, amie sûre, généreuse, compatissante, et cherchant à rendre service. » ( Vie privée de Louis XV.)
Année ij3j. 187
Je veux qu'on rende à l'Éminence Ce qu'on lui doit.
Ayant usé de ma confiance De bonne- foi ;
Mais il faut régner tôt ou tard,
Je ne suis plus Colin-Maillard.