‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 4)Chapitre 114 sur 121 · L'ABBE FATRAS · texte numérisé non relu

L'ABBE FATRAS

L'abbé Fatras De Carpentras Demande un bénéfice. Il en aura,

I. On lit dans la Correspondance secrète de Métra, au mois de juin : « Vous vous rappelez les disputes bénignes qui se sont élevées, il y a quelques années, entre plusieurs membres de notre auguste Académie. Les gentillesses qu'ils se sont réciproquement adressées n'ont pas peu contribué à relever l'honneur de ce corps. En mettant le public dans leurs secrets respectifs, ils nous ont misa portée d'apprécier leur mérite. Comme les philosophes ont de la rancune, cela n'est pas fini, et parfaitement d'accord contre

Année lySo. 253

Car l'Opéra Lui tient lieu de l'office,

Monsieur d'Autun1,

Qu'il en ait un !

C'est un devoir

De le pourvoir :

On veut le voir

Venir le soir, Précédé de sa crosse,

Et le matin,

Chez sa catin Arriver en carosse.

Pour Armide il a tant trotté2 Pour Alceste il s'est tant crotté,

Que c'est pitié

De voir à pied Ce grand apôtre de coulisse, Tout comme un sergent de milice.

les profanes, ils guettent toujours l'occasion de se déchirer entre eux. Marmontel, ayant appris que l'abbé Arnaud sollicitait une abbaye, s'est souvenu qu'il était vis-à-vis de lui en reste d'une chanson, et voilà celle dont il l'a régalé. » Bien que Grimm rapporte que l'on attribuait cette chanson à Collé, et qu'elle pouvait bien être de l'abbé Morellet, l'assertion de Métra, relativement à Marmontel, paraît beaucoup plus fondée.

1. L'évêque d'Autun, M. de Marbeuf, était alors chargé de la feuille des bénéfices.

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