Le chancelier Maupeou. (M
4<3 C lairambault-Alaurepas.
Disait qu'il ne fallait pas croire Aux revenants.
Il s'en souvient, ils s'en souviennent ; Mais, quand des revenants reviennent
Après quatre ans, Cette apparition notoire Force d'en revenir à croire
Aux revenants.
Grand Roi, ta divine puissance, Evoque les ombres en France ;
Spectres errants, Apparaissez, bravez l'envie; Louis rend l'honneur et la vie
Aux revenants.
Les dieux sont dieux par l«ur clémence Et c'est à regret qu'on encense
Les dieux tonnants.
Deviens Dieu par ta bienfaisance :
Tu l'es déjà par la présence
Des revenants.
Sur ces ombres patriotiques, Et de leurs couronnes civiques
Tout rayonnants, Flâne le Romain Malesherbes L'un des plus grands, des moins superbes
Des revenants.
A nnêe i ~ j5 .
Toi, Miroménil i, ombre fière, Et du trône et de sa barrière
L'un des tenants, Avec quel doux transport, chère ombre, Xous t'avons vu d'abord au nombre
Des revenants.
Toi, revenant qui fus des nôtres, Toi, qui fais revenir les nôtres
Et le bon temps, Ministre sans titre et sans gage, Maurepas -, reçois les hommages
Des revenants.
Au comble, aujourd'hui, de la gloire, Puisses-tu lire notre histoire
Dans deux cents ans.
Tu t'y verras, sur ma parole, Jouer le plus auguste rôle
Des revenants.
i. « On espère beaucoup des lumières et de la sagesse ic M' de ^Iiromesnil, le nouveau garde des sceaux ; il s'était fort distingué par sa fermeté et son intégrité à' la tête du Parlement de Normandie. » {Corresp. de Métra.)
2. « Le comte de Maurepas, ministre d'État, quoique occulte et sans titre, comme sans gage, paraissait avoir 1 entière confiance du jeune monarque et influer généralement dans toutes affaires du gouvernement. » (Journal de Hardy)
42 C lairamb aul t-Maurepas.
Et toi, Séguier qui, dans Athènes1, Auiais fait pâlir Démosthènes
Par tes talents, Ton nom, au temple de Mémoire, Se grave au milieu de la gloire
Des revenants.
Paraissez, ombres subalternes 2, Faites rentrer dans leurs cavernes
Les mécréants.
Dufour3 fuit et quitte la place:
Il craint de se trouver en face
Des revenants.
Disparaissez, faux tabernacles Où l'on ne faisait des miracles
Qu'à contre temps, Bachois'1, Morcau5 vont disparaître Ils n'ont pas été faits pour être
Des revenants.
Des lois célèbres interprètes, Dont les bouches furent muettes Pendant longtemps,
i. Ces couplets, transcrits dans le Journal de Hardy, ne sont pas de Collé, mais ils fuient composés pour faire suite
à la pièce ci-dessus.
"2. Le Châtelet. (M.)