‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 4)Chapitre 25 sur 121 · Le chancelier Maupeou. (M · texte numérisé non relu

Le chancelier Maupeou. (M

4<3 C lairambault-Alaurepas.

Disait qu'il ne fallait pas croire Aux revenants.

Il s'en souvient, ils s'en souviennent ; Mais, quand des revenants reviennent

Après quatre ans, Cette apparition notoire Force d'en revenir à croire

Aux revenants.

Grand Roi, ta divine puissance, Evoque les ombres en France ;

Spectres errants, Apparaissez, bravez l'envie; Louis rend l'honneur et la vie

Aux revenants.

Les dieux sont dieux par l«ur clémence Et c'est à regret qu'on encense

Les dieux tonnants.

Deviens Dieu par ta bienfaisance :

Tu l'es déjà par la présence

Des revenants.

Sur ces ombres patriotiques, Et de leurs couronnes civiques

Tout rayonnants, Flâne le Romain Malesherbes L'un des plus grands, des moins superbes

Des revenants.

A nnêe i ~ j5 .

Toi, Miroménil i, ombre fière, Et du trône et de sa barrière

L'un des tenants, Avec quel doux transport, chère ombre, Xous t'avons vu d'abord au nombre

Des revenants.

Toi, revenant qui fus des nôtres, Toi, qui fais revenir les nôtres

Et le bon temps, Ministre sans titre et sans gage, Maurepas -, reçois les hommages

Des revenants.

Au comble, aujourd'hui, de la gloire, Puisses-tu lire notre histoire

Dans deux cents ans.

Tu t'y verras, sur ma parole, Jouer le plus auguste rôle

Des revenants.

i. « On espère beaucoup des lumières et de la sagesse ic M' de ^Iiromesnil, le nouveau garde des sceaux ; il s'était fort distingué par sa fermeté et son intégrité à' la tête du Parlement de Normandie. » {Corresp. de Métra.)

2. « Le comte de Maurepas, ministre d'État, quoique occulte et sans titre, comme sans gage, paraissait avoir 1 entière confiance du jeune monarque et influer généralement dans toutes affaires du gouvernement. » (Journal de Hardy)

42 C lairamb aul t-Maurepas.

Et toi, Séguier qui, dans Athènes1, Auiais fait pâlir Démosthènes

Par tes talents, Ton nom, au temple de Mémoire, Se grave au milieu de la gloire

Des revenants.

Paraissez, ombres subalternes 2, Faites rentrer dans leurs cavernes

Les mécréants.

Dufour3 fuit et quitte la place:

Il craint de se trouver en face

Des revenants.

Disparaissez, faux tabernacles Où l'on ne faisait des miracles

Qu'à contre temps, Bachois'1, Morcau5 vont disparaître Ils n'ont pas été faits pour être

Des revenants.

Des lois célèbres interprètes, Dont les bouches furent muettes Pendant longtemps,

i. Ces couplets, transcrits dans le Journal de Hardy, ne sont pas de Collé, mais ils fuient composés pour faire suite

à la pièce ci-dessus.

"2. Le Châtelet. (M.)

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