LA POLITIQUE
Maurepas est le Nestor
Qui gouverne en France;
On dit que c'est un trésor, Un puits de science;
Les Pitt, les Albéroni
Ne sont rien auprès de lui.
C'est là mon système, moi, C'est là mon système.
Parlez-moi du temps présent,
Pour la politique; Vergenne est assurément
Un homme à rubrique.
Querelleur ne fut jamais, Toujours il aime la paix.
Vive un tel ministre !
Chacun choisit ses héros
A sa fantaisie ; Pour moi, j'aime le rep< >s
Autant que la vie.
Nous allons être à présent Battus, et jamais battants,
( rrâce à de Vergenne.
A n née I 7 7 7
Choiseul était autrefois
L'honneur de la France :
Il fit trembler les Anglois;
Mais, pour moi, je pense Que Vergenne, en pareil cas, Dans ses chausses eût fait caca.
C'est la différence, O gué,
C'est la différence.
LES IXSURGENTS1
Pour amuser notre loisir
Sans blesser la décence2,
1. Les colonies anglaises de l'Amérique du Nord, irritées des impôts auxquels la métropole prétendait les assujettir, s'étaient soulevées contre elle, en proclamant l'indépendance des Etats-Unis a" Amérique , et avaient engagé une guerre dont l'issue devait consacrer leurs revendications.
2. « Si les Français rient de leurs propres maux, on ne doit pas s'étonner qu'ils rient de ceux des autres. On a fait ici une chanson sur les Insnrgents, qui contient succinctement tous les faits relatifs à cette guerre. On peut la regarder comme un vaudeville politique dont la plaisanterie consiste dans le refrain. Suivant l'air de Joconde, sur lequel il est, on appuie fort et l'on reste sur la première syllabe du mot Continent. C'est la chanson à la mode qui amuse beaucoup la ville et la cour. » (Mém. de Bachaumont.)
120 Clairambault- Maurepas.
Il est naturel de choisir
Ce que l'on aime en France :
Il faut donc sur un nouveau ton, Comme notre musique,
Xe parler ici que du con- Tinent de l'Amérique.
Qu'a donc fait certain général,
Dans cette injuste guerre?
Aux Insurgens fort peu de mal,
Beaucoup à l'Angleterre.
Ces fiers ennemis de Boston,
De honte ou de colique, Meurent à la porte du con-
Tinent de l'Amérique.
11 en coûte bien des écus
A plus d'un royaliste, Le tout pour ne voir que des c...
Que l'on suit à la piste; Mais malgré tant d'exploits, dit-on,
Le Sire britannique N'aura jamais un poil du con-
Tinent de l'Amérique.
Fit-on jamais, en pareil cas, Plus brillante retraite?
Aussi ne le cache-t-on pas Dans certaine gazette :
Chacun, parlant de Washington
Année i7-~. 121
Et de sa politique, Trouve qu'il est digne du con- Tinent de l'Amérique.
Pourquoi voudrait-on abolir
Le droit de la nature?
A Londres on sait bien jouir
Et même avec usure :
La liberté n'est pas un don
Qu'aisément on trafique ; Laissons-en donc jouir le con-
Tinent de l'Amérique.