‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 4)Chapitre 8 sur 121 · LA POULE AU POT · texte numérisé non relu

LA POULE AU POT

La poule au pot1 Depuis longtemps était promise, La poule au pot

I. On avait écrit le mot Resurrexit en gros caractères au bas de la statue de Henri IV, « par allusion au caractère populaire et bienfaisant de cet admirable prince que le jeune roi Louis XVI paraissait vouloir prendre pour son

Année i Jj-f..

Attendait dès longtemps Turgot1; Terray n'est plus ; la nappe est mise, L'on va bientôt mettre à sa guise La poule au pot.

Maupeou n'est plus, Thémis reprenez la balance;

Maupeou n'est plus; Ce monstre a fait place aux vertus.

Reparaissez dieu d'abondance, Riez Français, faites bombance,

Maupeou n'est plus.

modèle. A cette occasion, un particulier, moins pressé de se prononcer et de porter son jugement, avait composé la rimaille suivante :

D'Henri ressuscite j'adopte le bon mot,

Mais, pour me décider, j'attends la poule au pot.

« Personne n'ignore que le bon Henri IV disait qu'il voulait, si Dieu lui conservait des jours, que chaque paysan pût mettre le dimanche une poule dans son pot. » (Journal de Hardy.)

i. Jacques Turgot, conseiller au Parlement de Paris, avait été nommé, en 1761, à l'intendance de Limoges, où il réalisa durant treize ans les plus sages des réformes accréditées par les économistes. Sa conduite et ses liaisons avec le parti philosophique lui méritèrent bientôt une légitime célébrité, et le crédit d'un de ses anciens condisciples de la maison de Sorbonne, l'abbé de Véry, toutpuissant auprès de AIn,c de Maurepas, le fit appeler au ministère de la marine lors de la disgrâce de M. de Boynes. Un mois après, il abandonnait ce département pour la place de contrôleur général, devenue vacante par la disgrâce de l'abbé Terray.

C 1 airain baul t-AIaur ep a s,

La pelle au c, C'est donc pour vous, troupe félone l ;

La pelle au c, Voilà ce qui vous était dû; Amis, gaîment vidons la tonne, Puisqu'à tous les coquins l'on donne

La pelle au c...

Il était temps De secourir la pauvre France,

Il était temps De la délivrer des tyrans; Après dix ans de pénitence, De lui rendre enfin l'espérance,

Il était temps.

Vive le Roi !

A ses travaux le ciel préside,

Vive le Roi !

Notre bien-être fait sa loi ; C'est la prudence qui le guide2 ;

i. Les membres du Parlement Maupeou dont la suppression paraissait désormais assurée.

2. Le Journal de Hardy, écho fidèle de l'opinion publique, nous montre comment étaient appréciés le caractère et les tendances du Roi : « On assurait cpie le jeune monarque, cpii s'était montré si prudent étanl em ir< Dauphin, ne parai ail pa moins réservé depuis que la couronne avait passé sur sa tête. On ne pouvait le pénétrer sur tout ce qu'il se proposait de changer ou d'entreprendre, et l'on se persuadait assez volontiers qui-, pénétré de cette sage maxime Festina lente, il ne voulait faire

Année i~~4-- 13

Rassurons-nous sous cette égide, Vive le Roi !

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