‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 101 sur 205 · SUR L ABBE DE LA TOUR DUPIN · texte numérisé non relu

SUR L ABBE DE LA TOUR DUPIN

Monsieur l'abbé La Tour Dupin Aurait dû, dit certain caustique.

Apprendre un rôle d'Arlequin Au lieu d'un rôle évangélique.

Oh ! point du tout, dit un abbé.

Il aurait fait une sottise :

1. La tragédie à!Oreste, représentée pour la première fois par les Comédiens ifrançais le 12 janvier 1750, fut accueillie par des sifflets unanimes. « Le spectacle fut troublé à chaque instant, et cette pièce, qui depuis a été justement applaudie, essuya des huées. J'étais dans l'amphithéâtre plus mort que vif. Voltaire y vint ; et dans un moment où le parterre tournait en ridicule un trait de pathétique, il se leva et s'écria : Eh! barbares, c'est du Sophocle. » {Mém. de Marmontel.)

2. L'abbé Jacques de la Tour du Pin de la Charge avait attiré sur lui l'attention publique par le Panégyrique de saint Louis qu'il avait lu devant l'Académie française.

i8o Clairambault-Aîaurepas.

Au théâtre on l'aurait sifflé, On ne siffle point à l'Eglise.

SUR L ABBE CHAUVELINI

Quelle est cette grotesque ébauche ?

Est-ce un homme, est-ce un sapajou ?

Cela parle ! une raison gauche Sert de ressort à ce bijou.

Il veut jouer un personnage, Il prête aux fous son frêle appui Dans les ridicules d'autrui; Il caresse sa propre image Et s'extasie à chaque ouvrage Hors de nature comme lui.

t. « Ce qui a donné occasion à ces vers, c'est, dit-on, une dispute de Roy avec l'abbé de Chauvelin au sujet de Mahomet, dans laquelle le petit ragotin s'emporta fort mal à propos contre ce poète et lui dit : Que s'il ne portail pas un rabat, il l'assommerait de coups de bâton; à quoi, ajoutet-on, Roy qui ne nia pas que la chose ne fût faisable, répondit : Monsieur l'abbé, vous voudriez donc me tasser la cheville du pied. Le sang-froid de Roy est admirable dans cette histoire qui est très vraie. L'abbé n'a pas trois pieds de stature, et comme à la première représentation d'Oreste, qui fut mal reçu, il ne parut point, on demanda où il s'était fourré et l'on fit la plaisanterie de dire qu'il était dang l'urne d'Oreste. * (Journ. htst. de Collé.)

Année ij5o.

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