‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 111 sur 205 · VIVE LES GUEUX · texte numérisé non relu

VIVE LES GUEUX

Grâce à monsieur de Bernage,

On va bientôt A maint joli pucelage

Donner l'assaut ; Six cents, c'est le nombre heureux ;

Vive les gueux !

Pour entrer dans cette bande.

Chaque pasteur^ A chaque fille demande

Son fréquentcur ; Le mot est neuf et nerveux.

Deux cents écus font les dots De ces tendrons,

I. « Les curés de Paris sont chargés de clioisir, dans leurs paroisses, de pauvres filles et des garçons qui sachent gagner leur vie, et l'on doit les marier tous, dans chaque paroisse de Paris, à une même messe. » {Journ. de Barbier.)

Année ij5i. 195

Y compris habits et cottes,

Vins et dindons, Et même les violoneux ^

Fais bien nettoyer les rues,

Cher Outrequin^, De peur que nos prétendues

Par les chemins Ne gâtent leurs souliers neufs.

Qu'il fera beau, ce me semble,

Voir en ce jour Tant d'amants unis ensemble

Faire à l'amour Un sacrifice joyeux.

Pour contempler cette fête,

De l'Opéra, Notre prévôt, bonne tête,

1. « La Ville a envoyé d'abord à chaque curé, suivant le nombre de mariages accordés à chaque paroisse, du drap pour les habits des garçons et des étoffes rayées, soie, fil ou coton, pour les robes des filles ; le tout de différentes couleurs, afin d'éviter un uniforme d'habillement reconnaissable dans les rues. Elle a ensuite délivré aux curés, en argent, une somme de 369 livres pour chacfue mariage. Les souliers, les bas, les chapeaux, gants, bouquets, le linge^ chemises, garnitures, manchettes, avaient été aussi fournis par la Ville ; ce sont les curés qui se sont chargés de ces petits détails, d'avoir une salle pour rassembler leurs noces, de commander le repas et tout le reste. » (Ibid.)

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