‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 124 sur 205 · LES BOULEVARDS · texte numérisé non relu

LES BOULEVARDS

Chacun devrait te rendre hommage,

Joseph Outrequin, Au prévôt des marchands Bernage,

A chaque échevin,

Car vous méritez bien, je pense,

* I. Chanson sur M. de Bernage, faite à l'occasion de l'agrandissement des boulevards et des bancs qu'on y a mis par ses ordres. (M.) — « Comme M. le prévôt des marchands a fait assez bien accommoder les boulevards, que les contre-allées sont sablées, avec des bancs de pierre, et que l'allée du milieu est arrosée tous les jours pour préserver de la poussière les maisons voisines, ces boule-

224 Clairambaul t-AIaurepas.

Des compliments de toute part ;

Vit-on plus utile dépense

Que d'humecter notre rempart ?

Ce séjour est méconnaissable.

On est enchanté, En voyant jeter du sable

Sur chaque côté.

D'y passer on va se résoudre, C'est une belle chose à voir ; La crotte y succède à la poudre, Par le moyen d'un arrosoir.

Le marquis, le robin, le page,

Y vont tous les jours A cheval, ou dans l'équipage,

Comme l'on fait au Cours; La femme la plus minaudière Pourra s'étaler dans son char; Car pour abattre la poussière On fait inonder le rempart.

Les gens de conduite mauvaise Etaient offensés,

vards font cet été la promenade de Paris qui est à la mode. Il y a, principalement les fêtes et les dimanches, un concours étonnant de carrosses qui font cours en plusieurs files depuis la porte Saint-Antoine jusqu'à celle du Pontaux-Choux. Il y a aussi dans cet espace plusieurs cabarets et des loges de marionnettes. Cela fait spectacle et presque foire.» [Journ. de Barbier.)

Année iy53. 225

De ce qu'on était mal à l'aise

Dans tous les fossés.

Filles, qui cherchez là des dupes Et qui les tirez à l'écart, Vous ne salirez plus vos jupes, On met des bancs sur le rempart.

Pour s'attirer la bienveillance

De tous les laquais, Près l'Opéra, quelle prudence !

On a fait exprès Un palais qui n'est pas de paille Et qui couvre un fort bel hangar*, Et pour asseoir cette canaille.

On met des bancs sur le rempart.

Ma foi, c'est une mine à peindre

Que ce magistrat, Oui voudrait à présent s'en plaindre

Serait un ingrat; L'accuser comme le vulgaire D'être ignorant, lambin, musard, C'est n'avoir pas vu la poussière Dont il a purgé le rempart.

On voit briller en toute chose Ce fameux prévôt.

I. Nouveau bâtiment fait pour mettre à couvert les laquais. (M.)

226 Clairambault-Maurepas,

Et si quelquefois on le glose,

C'est mal à propos.

Pouvait-il mieux dans chaque fête Divertir le tiers et le quart ; Aussi nous fallait-il sa tête, Pour nettoyer notre rempart.

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