‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 145 sur 205 · AU DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

AU DUC D'ORLÉANS

Monseigneur d'Orléans, Vous qu'êtes ici seyant Vous valez cent fois mieux Que tous les dieux, A commencer par Jupiter, Et puis son frère qui est dans l'enfer. Et celui-là qui est au fond des eaux Pour faire enrager nos bateaux.

Et puis c't'autre grand fabriqueur de combats,

I. M. le duc d'Orléans étant en partie de plailîr avec des filles de joie, Vadé qui se trouva de la compagnie fit reproche au prince qu'il chantait des paroles bien anciennes ; le prince lui dit : Vadé, fais-en de plus nouvelles ; il fit celles ci-dessus. (M.) — J. -Joseph Vadé, poète et auteur comique (1719-1757), fut le créateur du genre poissard, qui obtint quelque vogue et lui valut le surnom de Corneille de la Halle.

264 Clairamhault-Maurepas,

Qui met tant de pauvres chrétiens à bas; Celui-là qui a des ailes au talon Est un fripon.

Monsieur Ferbus Ne donne que des rébus, Et ce morveux de dieu beau comme le jour, Nommé l'Amour, Oh ! c'est encore un petit animal

Qui ne s'plait qu'à faire du mal ; Mamzelle Junon fait la guenon ; Mamzelle Pallas On en est las.

Que dites-vous de mamzelle Vénus Qui s'marie au premier venu ?

Quand ces dieux-là sont rassemblés Ça fait des cieux drôlement meublés; Pour que ça fût beau, brillant et bon, Faudrait à leur tête un Bourbon, Comme vous, monseigneur; car tenez, je vous l'dis Ousque vous êtes c'est le paradis.

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