‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 163 sur 205 · ADIEUX A LA GUERRE · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA GUERRE

J'ai vu périr Gisors^ et perdre une victoire, Où je manquai cent fois de périr à mon tour ; Mon sang sur mes lauriers coulait à mon retour : Cela m'en dégoûta plus qu'on ne saurait croire.

Qu'on en jase tant qu'on voudra, Apollon peut rayer mon nom de son grimoire;

Non, les neuf filles de Mémoire, Ami, n'en valent pas une de l'Opéra;

1. Collé, qui transcrit cette chanson dans son Journal, la juge sévèrement : « Ces vilenies, dit-il, sont faites la plupart par des gens de la cour ; il est aisé de le voir par la négligence, les fausses rimes et autres irrégularités dont elles sont remplies. Ces couplets sont cruellement mauvais. L'on y voit le dessein et la rage, mais non l'art de médire. »

2. Epître du comte de Lauraguais à un de ses amis. L'auteur était à l'affaire de Crevelt où il fut blessé à la tête de son régiment, qu'il a quitté ainsi que le service. (M.)

3. Le comte de Gisors, fils du maréchal de Belle-lsle, avait péri dans la bataille de Crevelt, à peine âgé de vingt-cinq ans. « Ce fut une perte nationale. Ce jeune homme, dans un âge où les meilleurs sujets ne donnent que des espérances, était regardé comme un capitaine expérimenté et un homme d'État. » [Mémoires de Diidos.)

2^6 C lairambaul t-AIdurepas.

Aux hommes comme nous on n'en fait point accroire :

J'abandonne Mars pour l'Amour.

Entre les bras d'Arnould ' j'aime mieux vivre un jour,

Que mille et mille ans dans l'histoire; Sans risquer désormais de passer l'onde noire, '

Ainsi que La Vallière ^ en son heureux séjour, Je ne veux que chasser, rire, chanter et boire. Quand on est riche, duc, et qu'on rampe à la cour, On a toujours assez de gloire.

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