I. Cette chanson est de Collé
Année ijGo. 323
La cour, ne sachant trop que faire, Change souvent le ministère,
Raison ou non.
Pour parvenir à quelque règle, Quand elle croit y mettre un aigle,
C'est un dindon.
Comme la tête la plus nette, Elle avait placé Silhouette
Sur l'horizon.
Pour rétablir notre finance.
Il ôta toute la confiance ;
C'est un dindon.
Demandant un lit de justice, A-t-il cru rendre un grand service
Au grand Bourbon?
Non; ce dont le bon sens s'étonne, C'est que tout le conseil l'ordonne.
Que de dindons !
On porte sa riche vaisselle ^, On ne garde pas une écuelle,
C'est le bon ton.
Mais, en se servant de faïence.
On fait toujours même dépense,
Dindons, dindons !
I. Pour subvenir aux charges extraordinaires imposées par la guerre, le Roi invita par lettres patentes « les bons citoyens à porter leur vaisselle d'argent, soit plate, soit montée, à l'hôtel de la Monnaie. »
324 C lairambault- Maurepas,
Pour faire un exploit de marine, C'est le grand Conflans qu'on destine,
Non sans raison.
Oià va-t-il faire sa descente ?
C'est sur les bords de la Charente.
Ah ! quel dindon !
Quant aux docteurs de Sorbonne, Ils étaient jadis en personne
De vrais Catons.
Hélas ! depuis quelques années, Ils font glou, glou aux assemblées,
Oh ! quels dindons !
Qu'un grand choisisse une maîtresse Qui soit l'objet de sa tendresse,
C'est passion.
Mais qu'il veuille avoir une actrice De plus de vingt ans de service,
C'est un dindon.
Voltaire s'est fait une gloire, En santé, de ne vouloir croire
Dieu, ni démon.
Mais dès l'instant qu'il est malade.
Ce gi-and esprit craint la grillade
Comme un dindon.
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