REPROCHES A L'ACADEMIE
RÉVEILLEZ-VOUS, belle endormie, Réveillez-vous à nos chansons ; N'êtes-vous donc Académie Que pour partager des jetons?
I. Richelieu ne se trompait pas dans ses prévisions. Après trois mois de séparation, « le prince, las de se contraindre, se plaignit hautement qu'on eût abusé de son état pour souiller sa gloire, pour le forcer à traiter indignement une personne qui n'était coupable à son égard que d'un excès d'amour. Il résolut de la rétablir dans son rang, ses titres et ses dignités ; il prépara son triomphe en la vengeant de l'évêque de Soissons, qui eut injonction de se retirer dans son diocèse, et du comte dArgenson qui, lui ayant porté l'ordre de son exil, fut chai-gé de lui annoncer son rappel. » [Vie privée de Louis XV.) M™* de Châteauroux ne jouit pas longtemps, d'ailleurs, de sa nouvelle faveur ; elle mourut moins de trois semaines après sa réconciliation avec, le Roi (le 8 décembre).
Année 1^44. 33
Le Roi va combattre, on l'adore, Il renaît vainqueur du trépas, La belle, et vous dormez encore, C'est que ça ne vous touche pas.
De toute part il pleut des odes.
Tous riment, grimauds, avocats; Mais il ne sort de vos pagodes Qu'un seul miaulement de chats ^
Vous avez, l'affiche est notoire, Chanté Te Deum à grands chœurs ; Si c'est assez pour votre gloire Elle est commune aux vidangeurs.
Fumeur-, quitte ton brûle-gueule; Pour le Roi vite, un vers ou deux ; Ou si Clio fait la bégueule.
Déterre-nous quelque chartreux'.
1. Allusion à Moncrif, auteur d'une chanson sur la convalescence du roi. (M.)