HONNEUR AUX GRIS
Bacchus et le Dieu de Cypris Se trouvent dans ces lieux chéris, Aimons, buvons de ce vin gris; On est heureux quand on est gris.
Ce vin échauffe les esprits.
Il fait que d'une froide Iris On croit voir les yeux attendris.
Parmi le vin, les jeux, les ris Un cœur est aisément épris.
Le plus sauvage est bientôt pris.
Mais si la belle a des mépris,
Si je lui vois des favoris,
Je bois, je chante et je m'en ris,
I. Cette chanson a été faite par M. de Pont de \^eyle, au sujet d'un voyage de l'Isle-Adam, chez M. le prince de Conti, où tout le monde, hommes et femmes, étaient gris par ordre du prince. (M.) « Pour entendre l'^propos de ces couplets, il faut savoir que tous les hommes et toutes les femmes étaient en uniformes gris pendant le voyage, et qu'on changeait seulement les vestes et les garnitures de rubans, et il faut se rappeler aussi que gris veut dire un homme qui a une pointe de vin. Cette équivoque a fourni le refrain de la chanson. » [Corresp. de Grimm.)
33^ Clairambault-Maurepas,
^ Souvent les plus fâcheux maris, Les jaloux les moins aguerris, En buvant se trouvent guéris.
Un philosophe en ses écrits Dit que de tout il est surpris, Mais un buveur a tout compris.
Chantons tous la gloire des gris, On n'en trouve plus à Paris, Ils sont tous ici réunis.
Messieurs, faisons honneur aux gris.
Vous en connaissez tout le prix :
Honneur aux gris, soyons tous gris.
On est heureux quand on est gris.