‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 25 sur 205 · LA MORT DE L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

LA MORT DE L'EMPEREUR

La nuit du vingt au vingt et un Monsieur l'empereur est défunt.

Il est mort d'avoir rendu l'âme,

I. « L'empereur Charles VII, si peu respecté dans l'empire et n'y ayant d'autre appui que le roi de Prusse, se voyant toujours le jouet de la fortune, accablé de maladies que les chagrins redoublaient, succomba enfin à Munich, le 20 janvier 1745, en laissant cette leçon au monde, que le plus haut degré de la grandeur humaine peut être le comble de la calamité. Il n'avait été malheureux que depuis qu'il avait été empereur. La nature dès lors lui avait fait plus de mal encore que la fortune. » (VOLTAIRE.)

Année 1^45» 47

Et par ce coup d'un sort malin, Veuve est restée sa pauvre femme Et monsieur son fils orphelin.

Savoir s'il a bien ou mal fait, On en jugera par l'effet :

S'il donne la paix à la France Il ne peut qu'en être approuvé; Mais s'il nous remet en dépense, C'est bien le tour du réprouvé.

On va pour l'éducation Mettre son fils en pension.

Et la veuve qui se lamente, L'Europe va faire un effort Pour la faire entrer gouvernante Des enfants de monsieur Dufort*.

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