Maître baigneur de la rue RicheHeu. ^M
iio Clairambault-Alaurepas,
Un grand recueil de fort mauvais tableaux,
Entremêlés de chefs-d'œuvre nouveaux.
Là, j'admirai les Vanloos, les Natoire ^
Je demandai qui d'eux avait la gloire
Et le profit de ce premier emploi
Intitulé premier peintre du Roi.
Car je pensais que les premiers de France
Étaient au Roi par droit de préférence ;
Ce n'est point eux, me dit certain courtier,
Eh bien qui donc ? C'est Coypel, écuyer*,
Coypel qui peint d'un pinceau si fidèle
Les avortons dont il est le modèle.
Pour l'achever il est de plus auteur
Et, comme en toile, en papier barbouilleur;
Ainsi souvent le frelon qui bourdonne
Mange le miel que l'abeille moissonne,
O temps, ô mœurs ! Coypel est un Poussin
Et de Lulli la place est à Colin !
L'indigne auteur de Marie Alacoque^
Qu'on montre au doigt, dont l'univers se moque,
Mis au haut rang étale à tous états
L'orgueil heureux du siècle de Midas.
Lors je voulus, pour dissiper ma bile,
Voir de mes yeux ce rival de Virgile *,
t. Deux des plus fameux peintres de l'époque. (M.)
2. Charles-Antoine Coypel, célèbre peintre et graveur (1694-1752), membre de l'Académie des beaux-arts et peintre du roi.