MM. de Belle-Isle et Maillebois. (M
lO Clair ambault-Maur epas.
Forcer la liberté des puissances suprêmes
A se choisir un chef qu'ils désignent eux-mêmes,
Et payer dignement la constante amitié
D'un prince à nos malheurs dans tous les temps lié ;
Mais l'Europe, à travers ce pompeux héroïsme,
Pénètre les ressorts d'un secret despotisme,
Et sous le faux semblant d'assister nos amis,
Dans trois ambitieux voit ses vrais ennemis.
Prétexte ambitieux et plein d'extravagance !
Ainsi pour s'agrandir on engage la France ;
Car si ces souverains, ouvrant enfin les yeux,
Repoussent sur Louis ces traits injurieux,
Par leurs coups réunis sa puissance écrasée
Fera de nos voisins l'éternelle risée.
Ainsi donc trois monstres, sans talents et sans mœurs,
Changeront l'univers au gré de leurs fureurs.
Et l'appât d'assouvir leur fière convoitise
Sera l'unique but d'une telle entreprise ;
Pour nous perdre, en effet, que n'ont-ils pas tenté ?
Aux plus cruels excès le crime s'est porté.
Cet évêque apostat, ces suppôts de Bellone,
Feront-ils de la France une autre Babylone ?
Le Roi de ses sujets connaît les sentiments.
Mais la nécessité suspend tous les serments;
Ces Français, de tout temps si jaloux de leur gloire.
Qu'accompagnait partout l'éclat de la victoire.
Qui, pour punir l'orgueil d'un ministre insolent ^
Mirent deux fois ses biens et ses jours à l'encan.
T. Le cardinal de Mazarin. (M.)
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Ces pairs enorgueillis de leurs superbes titres, Des peuples et des rois respectables arbitres, Ces généraux fameux surchargés de lauriers, Et ces grands sénateurs armés de leurs mortiers, Tous ces fiers demi-dieux, qu'on approche avec peine, Rampent servilement sous un cardeur de laine. Sous un cuistre sans nom, sans honneur et sans loi, Sous le perfide ami du Mentor* de leur Roi. De Gesvres se réveille, et d'Antin le seconde -, Mais l'éclair disparaît lorsque la foudre gronde. De notre liberté ces faibles défenseurs Vainement jusqu'au trône ont porté nos douleurs. On opprime Israël, et sa triste impuissance Du prêtre de Baal enhardit l'insolence ' ; Que sera-ce, grand Dieu ! si Tencin aujourd'hui, A nos lâches tyrans vient prêter son appui? Si l'impudique amant des filles de son père. Partage avec Fouquet les soins du ministère.'' Mais non, encore un coup, nos vœux sont exaucés^ Dans sa juste fureur Dieu nous dit : C'est assez. Fleury porte au tombeau les jours qu'on lui reproche. Nous respirons enfin, et la mort qui l'accroche Ramenant l'abondance et la paix dans l'État, Va finir les horreurs d'un long triumvirat.
1. Le maréchal de Villeroy, qui fut trahi parl^cardina qui n'était encore qu'évêque de Fréjus. (M.)