L'ENTERREMENT DE M. COFFIN
Grand Dieu, par ta toute-puissance, Tu as su forcer Bouettin, Malgré toute sa répugnance, D'inhumer l'illustre Coffin *.
Chacun croit en cette soirée Voir en ce lugubre moment Aman conduire Mardochée, En attendant son jugement.
Tel crut le voir, comme un coupable, Étole au col, cierge à la main,
I. M. Coffin, ancien recteur de l'université de Paris et principal du Collège de Beauvais, mort le 20 juin, à qui le P. Bouettin, curé de Saint-Etienne-du-Mont, avait refusé les sacrements. (M.) — « C'était, dit Barbier, un très grand janséniste, des plus accrédités, homme savant et d'esprit ; de manière que le collège de Beauvais était fort
en vogue Il a été question de lui donner les sacrements;
le curé de Saint-Etienne, sa paroisse, les a refusés, faute du billet de confession. Cela a fait du bruit dans Paris ; M. Coffin^ son neveu, qu'il a fait conseiller au Châtelet, a été se plaindre chez M. le premier président, lequel l'a renvoyé à M. l'archevêque, qui a opposé le défaut de preuve de confession. A force d'aller et venir M. le principal est mort sans confession ni sacrements et il est regardé comme un saint. »
Année i ^49- '49
Faisant une amende honorable D'avoir traité si mal un saint ^.
Coffin, le ciel est ton partage, Chacun chérit ta probité ; Le Parlement te rend hommage, Et même l'Université.
Tu nous apprends par ta conduite Qu'il faut aimer la vérité; Qu'en fuyant la bulle maudite, On parvient à l'éternité.