II
258 Clairamhault^Maurepas.
Ce beau génie si relevé.
Qui trouve plus d'un débouché.
Méritait bien d'être applaudi
Ceux de l'ancien gouvernement Étaient gens sans expédient, Testis erit Mississipi.
Incessamment tous nos robins,
Vont devenir des paladins,
Car tous nos ducs se font commis.
Sagesse, prudence et vertu, A la Muette^ ont pris le dessus, Depuis qu'y règne la Mouchy '.
Quelques dames de Luxembourg Ont pris congé de cette cour, n restait encore la d'Aydie'.
1. La duchesse de Berry avait acheté le château de la Muette.
2. M™* de Mouchy était la fille de Forcade, commis des parties casuelles, et d'une femme de chambre de la duchesse de Beny. Favorite de la duchesse, elle fut nommée par elle dame d'atours. « Elle était sa digne confidente. Elle vivait en secret avec Riom, comme la duchesse y vivait publiquement, et cette rivale cachée et commode réconciliait le^ deux amants quand les brouilleries ik)Uvaient aller trop loin. » (DuCLOS.)
3. « Il y avait longtemps que M™** de Beauvau et de Clermont s'ennuyaient des préférences et des façons de M^** de Mouchy, et qu'elles ne restaient dans la maison
Année lyiy* 259
Elle vient de mourir, hélas I Et c'est la fille de Le Bas * Qui .la remplace, à ce qu'on dit.
Certain basset périgourdin Fait fortune avec son engin ; On l'appelle monsieur Riri *.
On a lu dans Nostradamus ^^ Homme qui n'était pas camus, La centurie que voici :
que par considération et par amitié pour M""* de Saint- Simon. M"* de Mouchy n'y avait point de place; elles ne purent soutenir de la voir tout à coup dame d'atours ; elles vinrent trouver M"* de Saint-Simon et lui dire que cela était plus fort qu'elles. Elles allèrent parler à M. le duc d'Orléans, avec lequel elles ne se contraignirent pas, sur M*^* de Mouchy, et quittèrent leurs places avec grand éclat, dont M*^* la duchesse de Berry fut vivement piquée. Il en vaqua en même temps une troisième par la mort de la jeune M"»« d'Aydie, sœur de Riom. » (Saint-Simon.)
1. C'était la fille de Le Bas de Montargis, trésorier de l'extraordinaire des guerres. Elle épousa M. d'Arpajon, lieutenant général, gouverneur du Berry, « l'un des plus sots hommes de France, sans contredit, et des plus avares. £lle avait une figure extrêmement noble et agréable, peu d'esprit, beaucoup de douceur et de politesse ; très vertueuse et d'une piété qui n'a toujours fait qu'augmenter. » (Saint-Simon.) La duchesse de Berry l'amenait avec elle dans ses courtes retraites aux Carmélites, retraites qu'elle croyait être une expiation suffisante de sa vie désordonnée.