‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 118 sur 155 · Les prêtres du séminaire Saint-Nicolas du Cbardonnet · texte numérisé non relu

Les prêtres du séminaire Saint-Nicolas du Cbardonnet

Année ijij. 265

lâ CAMPAGNE DE MONTESQUIOU*

Ah I la belle campagne Que fait Montesquiou ?

Il part pour la Bretagne*, Suivi de ses Poiloux, n arrive aux États précédé de ses gardes, Gare, messieurs les Bretons !

Don don.

Voici votre Attila,

La la.

Du gascon Dieu vous garde !

1. Pierre, comte d'Artagnan (1645-1725), l'un des plus vaillants soldats du règne de Louis XIV, fut créé maréchal de France après la bataille de Malplaquet, et prit alors le nom de Montesquiou.

2. « On avait fort travaillé à révolter la Bretagne en l'irritant et en la flattant sur ses anciens privilèges et sur les clauses de son contrat d'imion à la couronne. La vérité est que la conduite du maréchal de Montesquiou, qui y tenait les Etats, avait contribué au même dessein ; le projet et l'exécution de la fameuse afiBaire de Denain, qui releva nos armes au plus rapide de leur déroute, avait montré qu'il était digne de commander les armées ; mais nourri dans le bas toute sa vie, il ne sut viyre ni avec les Bretons, ni encore moins les gouverner. Il reçut toute la noblesse venue au-devant de lui à cheval, dans sa chaise de poste,

a66 Clairambault'Maurepas,

Entrant dans la séance, D'un pas majestueux :

< n ûiut votre finance, Cest le vouloir des dieux.

— Accordez-nous du temps et soyez plus traitable. Nous boirons sur ce ton; On vous l'accordera.

Mais surtout longue table.

— Vous aurez longue table. — Mais il faut de l'argent ; Je serai peu traitable.

Si je ne l'ai comptant; J'ai lettres de cachet pour qui sera rebelle. De plus un mousqueton.

Don, don, Qui jamais ne rata,

La la.

Si l'histoire est fidèle. »

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sans en descendre que dans son logis ; et environné d'elle pour aller de chez lui aux États, il la laissait à pied et se faisait porter en chaise. Ces procédés l'aliénèrent au point de le laisser seul et de chercher à le traverser en tout. » (Saint-Simon, Noits sur Dangeau,) — Les États refusèrent le don gratuit, qu'ils avaient coutume de voter par acclamation depuis 1672, bien qu'on l'eût diminué d'un million. On fit marcher contre eux dix-huit escadrons, et comme ils persistaient dans leur refus, le maréchal prononça leur séparation.

Année IJIJ. 26j

Par un ordre exprès de son prince,

Certain gouverneur de province

Allait y tenir les États.

On sait que, dans cette occurrence, Pour la première fois on paye leur présence

D'environ cinq mille ducats.

On les lui présenta. « Nous voudrions mieux faire,

Dit l'orateur;

Cest notre présent ordinaire, Tel que nous l'avons fait au dernier gouverneur,

Qui, comme vous savez, seigneur,

Était le bon duc de Vendôme*,

Grand capitaine et galant homme.

Ixquèl, sans l'accepter, sensible à nos malheurs.

Daigna nous combler de faveurs.

— Messieurs, dit le matois, n'est-ce -pas une feible, £n serrant son argent dans son avide main ?

— Point, repart l'orateur, ce fait est très certain.

— Je le crois ; mais ce prince était inimitable. >

I. César, duc de Vendôme, fils aîné de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, avait été créé gouverneur de Bretagne en 1598 ; le duc de Mercœur, dont il épousait la fille, se démit de ses fonctions en sa faveur. — Montesquiou avait eu pour prédécesseur immédiat le maréchal de Châteaurenaud.

a68 Clairamhault'Maurepas,

ÉPIGRâMMES SUR LE RÉGENT

Vous savez soutenir le poids de la Régence Avec gloire, grandeur, esprit, raison, prudence ; Au repos de l'État le vôtre est immolé :

De soins et de travaux Ton vous voit accablé;

Vous êtes Tappui de la France.

Sans Êdre ici pour vous mille vœux empressés.

Prince, vivez, et c'est assez.

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César fut moins vaillant, Titus moins débonnaire Que l'auguste héros dont j'ébauche les traits ; Il est dans les combats notre dieu tutélaire, £t notre père dans la paix.

Par tes soins la France respire.

Tu tiens les rênes de l'empire ; Tout autre aurait pu s'effrayer; Mais, prince, grâce à tes lumières.

Année ijij. 26^

Te voyant si bien quartayer, Nous ne craignons plus les ornières.

Aveuglé par les soins des fades courtisans, Jusques ici Philippe a trouvé maint obstacle, A suivre de son cœur les désirs bien&isants.

Un oculiste enfin, nous prépare un miracle '. Toi dont la main hardie, étalant ton savoir.

Inspire en même temps la crainte et l'espérance. Ne manque pas ton coup, achève, fais-lui voir Tous les maux qu'il a faits, en deux ans de régence.

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