La duchesse de Bourbon, femme de M. le Duc
Année lyiy. yy/
Personne n'enviera
Un bien tel que le vôtre.
Juif, Arabe, corsaire *, Estrées vint brusquement, A Jésus débonnaire Faire son compliment.
Joseph oyant sonner maintes et maintes pistoles, Crut qu'il ferait un don; Mais le Juif s'en alla Sans donner une obole.
Après on vit paraître Le boiteux du Fay *, Qui, jusqu'au divin Maître, * Voulut railler aussi.
Mais on lui dit : Sortez et fuyez le Messie ; Car, s'il prend un bâton,
1. Le maréchal d'Ëstrëes était président du Conseil de marine. « Ayant été fort longtemps pauvre, il ne s'épargna pas à se faire riche du temps du fameux Law, et y réussit prodigieusement, mais pour vivre dans une grande magnificence et fort désordonnée. » (Saint-Simon.)
2. Charles -Jérôme de Cisternay du Fay, étant lieutenant aux gardes, avait eu une jambe emportée par im coup de canon au bombardement de Bruxelles, en 1695, et dut quitter le service. « Heureusement il aimait les lettres, dit Fontenelle, et elles furent sa ressource. Il s'adonna à la curiosité en fait de livres, rechercha avec soin les belles éditions de tous les pays, les manuscrits qui avaient quelque mérite, outre celui de n'être pas imprimés, et se fit à la fin ime biblio^èque bien choisie et bien assortie. »
308 Clairambault'Maurepas,
II vous étrillera,
Pour vos chansons hardies.
Rempli de confiance, Louvigni arriva*; Chacun dans l'assistance Aussitôt le hua.
Mais, entendant le bœuf mugir et l'autre braire. Eut peur du carillon, £t puis il détala, Croyant être à la guerre.
Après eux dans l'étable De Rohan le prélat, * Avec un air aimable.
D'assurance harangua :
Je ne sais pas pourquoi chacun se scandalise ; Si je sers Cupidon, En France c'est l'état, Des princes de l'Église.
Avec grand bruit s'avance^ Tout couvert de lauriers, Le héros de la France *, Suivi de maints guerriers.
J'apprends que Noailles ici veut usurper mes titres;
1. Le duc de Louvigny, fils du duc de Guiche, était colonel des gardes françaises.