MÉDAILLIER DE MADAME
Qu'a bon droit Ton vante en tous lieux *,
Trop illustre et grande princesse,
Votre médaillier précieux I
Tout en est riche et curieux;
Il faudrait Tadmirer sans cesse,
Si tant d'héroïques vertus
Que Ton remarque en Votre Altesse,
Ne nous surprenaient encor plus.
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Quoil se peut-il, grande princesse Que ma sincérité vous blesse,
1. Madame, mère du Régent, possédait une riche collection de médailles dont l'antiquaire Baudelot de Dairval était le conservateur. Les soins qu'elle donnait à cette collection et la volumineuse correspondance qu'elle entretenait avec ses parents d'Allemagne furent, à peu de chose près, l'unique occupation de sa vie.
2. Voici à quelle occasion furent composées ces deux pièces :
« Son Ahesse Royale ayant permis à If.. Crouzelier, conseiller au parlement de Metz, de visiter toutes ses médailles d'or, il a, été si frappé de la magnificence du mé-
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Et que des vers sans compliment Ne vous conviennent nullement ?
La délicatesse est extrême, Et pour la combattre aisément Je Tattaqùe moralement, Et je pose ici le système, Qu'il faut se connaître soi-même.
Or, ce système sérieux, Qui dessille à chacun les yeux, Et dont rhumilité profonde Fait rentrer en soi tout le monde.
Est pour vous sans présomption Un sujet d'ostentation.
Examinez-vous bien. Madame, Et contemplez votre belle âme, Vos lumières, vos sentiments.
Que de vertus et d'ornements I Mes vers ne sont donc pas étranges; Et l'on peut dire vos louanges Avec justice et vérité.
Puisqu'un précepte de morale, Qui nous remplit d'humilité,
daillier, aussi bien que des rares qualités de la princesse, qu'il lui a fait aussitôt ces vers. On les a trouvé très beaux et ib sont du goût de la cour. — Son Altesse Royale ayant beaucoup applaudi à ces vers a dit, par une trop grande modestie, qu'ils ne lui convenaient pas. M. Crouzelier, pour combattre l'injustice qu'elle se fait, lui a encore fait cette réponse.» {Nouveau Mercure galant, mai 17 16.) C'est ce même Crouzelier qui avait écrit le panégyrique de la duchesse de Berry, déjà publié. Cf. p. 38.
y6 Ciairambault-Maurepas.
Est pour Votre Altesse royale Un fondement de vanité '.