Anne- Jules, duc de Noailles, maréchal de France
Année iyi6»
Il savait assez son métier Pour toujours en arrière
Se mettre à l'abri du canon ; Vive monsieur son fils I
Ce laborieux financier
Travaille à toute outrance^ Il n'épargne point le papier, Cest là toute sa science * ; Du sac il a montré le fond.
Aussi tout va mal aujourd'hui.
Des autres si Ton ne dit mot Ce n'en est pas la peine;
On ne sait quel est le plus sot.
Un borgne l'autre mène' ;
C'est une troupe de dindons
Que Noailles élève et conduit.
(1693-1708) , s'était signalé par ses exploits dans la guerre de la succession d'Espagne.
1. Saint-Simon, qui n'aimait guère le duc de Noailles, ne le ménage pas dans ses Mémoires. « Avec tout son esprit, ses talents, ses connaissances, dit-il , c'était l'homme le plus radicalement incapable de travail et d'affaire. L'excès de son imagination, la foule de vues, l'obliquité de tous les desseins qu'il bâtit en nombre tous à la fois, les croisières qu'ils se font les uns aux autres , l'impatience de les suivre et de les démêler, mettent une confusion dans sa tète de laquelle il ne peut sortir. »
2. Allusion au Régent et au duc de Bourbon, qui étaient borgnes tous deux.
lO Clairamhault-^Maurepas,
Ne rions plus, venons au fait;
Le conseil de finance £st de tous le plus imparfait,
Et le plus d'importance ; Où diable a-t-on péché Fagon?
Fallait autant garder Bercy.
Que dis-je ? je suis imprudent
De juger de la sorte, Bientôt, pour avoir de l'argent.
Chacun prendra la hotte, Au moins Du Coudray, ce dit-on, La faridondaine, la faridondon, Le croit, je suis de son avis, biribi, A la façon de Barbari, mon ami.