‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 69 sur 155 · APOLOGIE · texte numérisé non relu

APOLOGIE

DE

LA CHAMBRE DE JUSTICE

Toi qui, nouveau singe d'Alcée,

Dans tes vers remplis de fureur.

Ne présente à notre pensée

Que sang, que carnage et qu'horreur;

Toi qui, contre la voix publique.

Nous crois sous un joug tyrannique,

Traître, qui que tu sois, apprends

Que ta Muse patibulaire

Aurait eu déjà son salaire

Si nous vivions sous un tyran.

Année lyij. 159

Artisan de vaines paroles^

Tu te fais un puérile jeu

D'extravagantes hyperboles,

De torrents de soufre et de feu.

Ne dirait-on, pas à t'entendre.

Que la France n'est plus que cendre.

Et que, par un destin cruel.

Elle voit son terroir fertile

Dévoré, comme la Sicile,

Par les flammes du mont Gibel* ?

Pour quatre concussionnaires

En spectacle au peuple donnés.

Par toi du nom de sanguinaires

Nos juges sont déshonorés;

Et lorsque avec tant de clémence

Ils punissent d'un vol immense

Les abominables auteurs.

Tu les peins en loups pleins de rage.

Qui confondent dans le carnage

Et les troupeaux et les pasteurs.

Les maltôtiers, monstres avides.

Eux-mêmes vrais loups ravissants.

Toujours affamés de subsides, Suçaient les peuples gémissants.

Avaient-ils rongé la province.

Des peuples ils passaient au prince;

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