‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 71 sur 155 · ADIEUX · texte numérisé non relu

ADIEUX

LA CHAMBRE DE JUSTICE

Puisque ces messieurs vont partir, Cesse d'échauffer mon oreille; Muse, ne peux- tu consentir Qu'un de tes nourrissons sommeille En vain je résiste à tes lois.

Dussions-nous avoir sur les doigts, Faisons ce qu'Apollon commande; Il veut aujourd'hui par ma voix Prendre congé de cette bande.

Je vais commencer par Rouillé, Directeur d'une indigne farce.

Qui toujours de vin barbouillé, Symphonise ou suit une garce.

Rouillé, que j'aime à te brusquer!

Que j'ai de joie à t'attaquer I Je veux te blesser et t'abattre,

Année lyij. 163

Et je prétends te démasquer

Bien mieux qu'on ne fit au théâtre.

Quand du Conseil tu fus chassé.

Tu retournas, dis-tu, tes poches.

Ce discours si bien compassé N'impose qu'aux faibles caboches.

A quoi bon feindre ? montre-toi.

Nous connaissons ta bonne foi.

Gallois * entre dans ta famille.

Et tu prends sur les droits du roi

Les fonds dont il dote sa fille.

Sur mon front dressent mes cheveux-;

J'entends aboyer le Cerbère.

Mais je me trompe, c'est Fourqueux;

Il faut croquer son caractère :

Plus âpre au gain que n'est un juif.

Fourbe, cruel, vindicatif,

Homme enfin à tout entreprendre;

Tremble, Villeneuve chétif ',

Tu n'as pas pris son fils pour gendre.

Pour sortir bientôt de ces lieux, Grands dieux, montrez-nous une route.

1. Jean-François Gallois fut taxé par la Chambre de justice à 150,000 livres. (7« /^ô/g.)

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