‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 3)Chapitre 107 sur 147 · LA RÉCOMPENSE · texte numérisé non relu

LA RÉCOMPENSE

DE L'AVOCAT DAUNARD*

Il faut que la cour se cotise Pour dignement récompenser Celui qui vient lui dénoncer De nos avocats la sottise.

Le roi lui donnera, sans grande résistance, Tout ce qu'il perdit hier à la réjouissance *. Notre ministre cardinal, Encore plus libéral, Pour marquer sa grande largesse, Au dénonciateur cédera sa noblesse.

Le sage et ferme d'Aguesseau Lui donnera le quart du revenu du sceau 3 .

La belle récompense !

i. « Un avocat, nommé Daunard, qui plaide bien, et a beaucoup d'emploi, s'est voulu distinguer. Il a refusé de signer le mémoire ou la première requête [pour les curés d'Orléans] ; il a même dit que les quarante se tireraient de la sottise qu'ils avaient faite comme ils pourraient; mais que, pour lui, il continuerait toujours de plaider quand les autres cesseraient. Ma foi ! cette affaire a mal tourné pour lui, car, à la rentrée, ceux qui étaient chargés des causes contre lui ont refusé de plaider. » (Journal de Barbier :) Daunard fut rayé du tableau des avocats.

Page 1