‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 3)Chapitre 132 sur 147 · DE M. DE VINTIMILLE · texte numérisé non relu

DE M. DE VINTIMILLE

J avons su que notre archevêque Donnait lin écrit qui disait

i. Bien que Voltaire ne soit pas une autorité en matière religieuse, il est permis de lui emprunter son explication, parfaitement rationnelle, des prétendus miracles opérés à Saint-Médard : « Quelques personnes du parti, qui allèrent prier sur le tombeau, eurent l'imagination si frappée, que leurs organes ébranlés leur donnèrent de légères convulsions. Aussitôt la tombe fut environnée du peuple ; la foule s'y pressait jour et nuit. Ceux qui montaient sur la tombe donnaient à leurs corps des secousses, qu'ils prenaient eux-mêmes pour dés prodiges. Les fauteurs secrets du parti encourageaient cette frénésie. On priait en langue vulgaire autour du tombeau : on ne parlait que de sourds qui avaient entendu quelques paroles, d'aveugles qui avaient entrevu, d'estropiés qui avaient marché droit quelques moments; les prodiges étaient même juridiquement attestés par une foule de témoins qui les avaient presque vus, parce qu'ils étaient venus dans l'espérance de les voir... Le tombeau du diacre Paris fut le tombeau du jansénisme dans l'esprit de tous les honnêtes gens. Ces farces auraient eu des suites sérieuses dans des temps moins éclairés. Il semblait que ceux qui les protégeaient ignorassent à quel siècle ils avaient affaire. » [Siècle dt Louis XIV)

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