‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 3)Chapitre 137 sur 147 · LE P. GIRARD ET LA CADIERE · texte numérisé non relu

LE P. GIRARD ET LA CADIERE

Chez les jésuites de Toulon Est arrivé grand carillon; Un recteur, outré de colère, Au confesseur Girard a dit :

Eh fi ! méritez-vous, mon père, De porter un si saint habit?

i. « Nos bons amis les jésuites sont malencontreux. En même temps que les affaires de la religion, les miracles de M. Paris, les persécutions qu'on a faites à tous les prêtres, leur ont attiré, on peut le dire, la haine de la plus grande partie de Paris. Il est arrivé une diable d'histoire au recteur de la maison des jésuites de Toulon, homme de cinquante ans, appelé le P. Girard, qui fait un procès épouvantable au parlement d'Aix, dans lequel il n'est accusé que d'avoir suborné une pénitente de dix-huit ans, nommée M Ue Cadière, de l'avoir ensorcelée, de lui avoir fait un enfant, et de l'avoir fait avorter. Nombre de mémoires imprimés de part et d'autre se distribuent publiquement à la porte des promenades et des spectacles. » {Journ. de Barbier .) — Bien qu'il soit difficile de se prononcer sur une affaire aussi grave, il paraît résulter de l'examen impartial des faits que la Cadière était une extatique, dont les ennemis des jésuites mirent habilement à profit les divagations. Sous l'influence du P. Girard, elle avait eu des extases et des visions ; un carme janséniste qui remplaça le jésuite lui fit avouer ce qui s'était passé entre elle et son ancien directeur, et rendit publics ces aveux qui ne tardèrent pas à être commentés, amplifiés, et même indignement travestis.

Année ij3i. 275

Quoi donc ! des filles ! quelle erreur A séduit votre lâche cœur?

Il est vrai que, plein d'indulgence Pour nos pauvres convalescents, Nous leur en laissons par souffrance, Mais pour vous c'est un contre-sens.

Il vous sied bien d'être galant, Autant vaudrait être appelant ; Que dira-t-on de cette époque?

Prétendez-vous, esprit gâté, D'une autre Marie Alacoque * Enrichir la société ?

Quel était votre égarement Ou plutôt votre aveuglement?

Pour une fille, je vous prie, Voyez quel trouble et quel, fracas I La Grande et Petite-Écurie* Nous causerait moins d'embarras.

Pour assoupir ce bruit fatal, Il vous faut un peu d'air natal.

Allez, partez en diligence, Le légat est de nos amis,

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