‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 3)Chapitre 143 sur 147 · L'ARRET DU PARLEMENT D'AIX · texte numérisé non relu

L'ARRET DU PARLEMENT D'AIX

Sais-tu, Colin, ce qu'an dit à Paris ?

Par la morguienne y sont bian ébaudis.

le bruit fut général dans Paris qu'il était arrivé un courrier extraordinaire, et que le P. Girard, non seulement avait été jugé, mais qu'il avait été réellement pendu et brûlé. Le lendemain, on apprit tout le contraire. (Journ. de Barbier^

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Te souvian-t-il de cette la Cadièré

Dont je luisions les factotums naguère ;

Comme al disait que le père Girard

Drès qu'il était avec aile à l'écart,

Après avoir bian varpuillé la porte,

La visitait comme une bête morte 1 ,

Pis la tâtoit et la lentiponait

Tant qu'un biau jour ce vilain maladrait

L'avait rendue, à ce qu'aile disait, mère;

Et pis encore, le plus mal de l'afïaire,

C'est que le drôle avait su bian et biau

Envoyer ça tout d'un coup à vauliau ;

Que finement il avait, par adresse,

Embabouiné en allant à confesse,

Où son haleine était un franc poison

Qui partroublait aux filles la raison,

Tant y a qu'après elles deve.niont folles,

N'aimiont point Guieu, faisiont cent cabrioles ;

Pourquoi disiant qu'il était un sorcier

Et n'aviant pu de l'y se défier,

Dame j'étions en si grande colère

Que je voulions que l'an brûlît ce père

Et qu'en l'y fit répartition d'honneur,

Si les discours des autres étions menteurs.

Car je disions, si c'était calomnie,

La chienne doit être, ma foi, punie ;

Au lieu que si c'est vrai ce qu'aile nous dit,

I. « Je vous avoue que la Bête morte, qui représente l'extase, m'a bien fait rire », écrit Marais à Bouhier.

288 Clair amkntdt^Mûurepas.

Faudrait griller ce Lucifer maudit.

Au diable I ces monsieur^ de Provence, A vont à tous baillé pleine indulgence; C'est la besogne à Jean cogne-fétu Qui a plus mis, plus enfin a perdu ; Et nanmoins Fan dit que les jésuites De ça pour rien n'ayons pas été quittes, Qu'il a fallu pour ce fcôau jugement Aux juges d'Aix lâcher biaucoup d'argent.

S'ils n'avont pas fait pendre la Cadière, C'est qu'il avont: l'himeur trop minagère, Et c'est jarni leur faute assurément Car ils n'avont payé tout simplement Que pour sauver Girard de la brûlure.

Y pouviont mie ux tarmine r -l'aventure :

S'ils aviont pris, par ma foi, mon avis, En les aurait tout à leur gré sarvis.

Y n'y fallait que redoubler la dose,

Ils auriont eu, ma foi,' tout autre chose.

Les Provenciaux sont comme les Normands, Plus recevontp plus y. sarvont les gens.

Encor dit-on qu'an envoyé ce prêtre Cheux son prélat pour l'y laver la tête.

En est bian sûr qu'y ne l*y dira rian, Mais stapendant ça ne sonne pas bian.

A-t-on jamais baillé des pénitences Qu'à ceux qu'aviont mauvaises consciences ?

C'est donc l'y qu'est styla qu'a plus mal fait, Ça saute aux yeux et se voit clar et net.

Les bons canards en ont grand chagrinage,

Année iy3i. 289

Y soupiront, grinçont les dents de rage, - ''

Car dans le fond y sentant comme nous

Que ce n'est pas ainsi qu'en est absous.

Il eût fallu, pour leur bailler victoire

jEt rapiécer un tantinet leur gloire,

Que ceux qu'en dit pire que pendre d'eux,

Fussiant punis comme calomnieux,

Ou l'en dira toujours qu'en leur fait grâce,

Et que vêla leux tours de passe-passe,

Qu'ils avont tant de finances et d'amis,

Que tout le maF qu'ils font leur est permis;

Mais, maugré ça, dès qu'on verra les drilles

En crira garre aux garçons comme aux filles.

ÉPIGRAMMES

SUR

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