‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 3)Chapitre 5 sur 147 · LES PRINCESSES · texte numérisé non relu

LES PRINCESSES

De toutes nos princesses Hélas ! que fera-t-on ?

Les faire chanoinesses Y a trop de façon * ; Roche-sur- Yon seule Au chapitre entrerait, Si elle voulait*.

Pour la jeune et charmante Princesse Charolais, Faut la faire l'amante De notre jeune roi, Elle est vive et fringante, Elle lui montrera

A faire cela 8 .

i. Le collège des chanoinesses de Remiremont, le plu s important de France au XVIII e siècle, n'admettait que des personnes nobles ; or, les princesses de la maison de Bourbon-Condé étaient filles 4'une bâtarde de Louis XIV.

2. La famille des Conty, à laquelle appartenait M lle de la Roche-sur- Yon, n'avait contracté aucune alliance avec les filles légitimées de Louis XIV.

3. « On dit que le jeune duc de la Trémoille était gagné par M lle de Charolais qui devait lui faire dire au Roi certaines choses qu'on ne veut pas que le Roi sache. Cette princesse, qui est fort aimable, est fort décriée. » {Journal de Marais) j

Année IJ24, 7

La princesse de Sens * Et celle de Clermont 2 , En grande diligence, En Espagne s'en vont, La reine, leur cousine 3 , Maris leur trouvera Dans ce pays-là.

La princesse du Maine A les yeux si brillants y Que, sans beaucoup de peine, Elle aura des amants, Et madame sa tante* Voudra bien lui montrer A les épouser.

1. Elisabeth-Alexandrine de Bourbon, nommée Mademoiselle de Gex, puis Mademoiselle de Sens, fille de Louis II de Bourbon et de M u * de Nantes, était la plus jeune des sœurs de M. le Duc.

2. Marie-Anne de Bourbon, nommée Mademoiselle de CUrmont, sœur de la précédente. Lemontey nous apprend qu'elle avait épousé secrètement un duc de Melun, tué à lâchasse en juillet. 1724, lors du voyage que le roi fit à Chantilly.

3. M lle de Montpensier, fille du Régent, mariée à Louis I er , roi d'Espagne, en 1724, par suite de l'abdication de son père Philippe V.

4. « C'est la comtesse de Toulouse qui a épousé ce prince après une longue galanterie. » {Note de Marais!) — La marquise de Gondrin, devenue comtesse de Toulouse, était une sœur du duc de Noailles.

8"* Clairambault+Maurepas.

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