‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 4)Chapitre 30 sur 128 · LE CARDINAL DE ROHAN · texte numérisé non relu

LE CARDINAL DE ROHAN

L'amour dès longtemps confia Son charmant sacerdoce

A jeune et gracieux prélat

Plus galant que Mendoce 1 ,

1. « Il était d'un accès charmant, obligeant, d'une politesse générale et parfaite, mais avec mesure et distinction; d'une conversation aisée, douce, agréable. Il était assez grand, un peu trop gros, le visage du fils de l'amour, et, outre la beauté singulière, son visage avait toutes les grâces possibles. » (Saint-Simon.)

Et dans son temple transféra Et sa mitre et sa crosse.

A son grand prêtre il prodigua Ses faveurs les plus chères *,

Et fit tant que son nom vola Sur tout notre hémisphère :

Pape et rois, chacun envia Le bonheur de lui plaire.

Le diable; qui Adam tenta, Jaloux de tant de gloire,

Lui fit suivre les Loyola*,

Chacun en sait l'histoire ;

L'enfant de Cythère en pleura Dans les bras de sa mère.

Vengeons-nous, mon fils, dit Vénus,

Punissons cet outrage; Pour Melun 8 , de tous le rebut

i. « Il est galant, écrit le marquis d'Argenson dans ses Mémoires, mais il trouve assez d'occasions de satisfaire son goût pour le plaisir avec les grandes princesses, les belles dames et les chanoinesses à grandes preuves, pour ne pas encanailler sa galanterie et n'être pas du moins accusé de crapule. »

2. Pour détacher Rohan du cardinal de Noailles qui était son bienfaiteur et son ami , le P. Le Tellier le fit nommer grand aumônier de France (1713).

3. M Ue de Melun, née en 1671. (M.) Marie de Melun était fille de Guillaume de Melun, prince d'Épinoy et de Jeanne de Rohan-Chabot.

Année iyi6. 87

Inspire-lui la rage, Et que sans grâce, ni vertu Elle fixe ce volage.

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