‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 4)Chapitre 6 sur 128 · Anne-Jules, duc de Noailles, maréchal de France · texte numérisé non relu

Anne-Jules, duc de Noailles, maréchal de France

Année iyi6.

Il savait assez son métier Pour toujours en arrière

Se mettre à l'abri du canon ; Vive monsieur son fils !

Ce laborieux financier

Travaille à toute outrance, Il n'épargne point le papier, C'est là toute sa science 1 ; Du sac il a montré le fond, Aussi tout va mal aujourd'hui.

Des autres si Ton ne dit mot Ce n'en est pas la peine;

On ne sait quel est le plus sot, Un borgne l'autre mène* ;

C'est une troupe de dindons

Que Noailles élève et conduit.

(1693-170$) , s'était signalé par ses exploits dans la guerre de la succession d'Espagne.

1. Saint-Simon, qui n'aimait guère le duc de Noailles, ne le ménage pas dans ses Mémoires. « Avec tout son esprit, ses talents, ses connaissances, dit-il , c'était l'homme le plus radicalement incapable de travail et d'affaire. L'excès de son imagination, la foule de vues, l'obliquité de tous les desseins qu'il bâtit en nombre tous à la fois, les croisières qu'ils se font les uns aux autres, l'impatience de les suivre et de les démêler, mettent une confusion dans sa tête de laquelle il ne peut sortir. »

2. Allusion au Régent et au duc de Bourbon, qui étaient borgnes tous deux.

io Clairambault-Maurepas.

Ne rions plus, venons au fait;

Le conseil de finance Est de tous le plus imparfait,

Et le plus d'importance ; Où diable a-t-on péché Fagon?

Fallait autant garder Bercy.

Que dis-je ? je suis imprudent

De juger de la sorte, Bientôt, pour avoir de l'argent,

Chacun prendra la hotte, Au moins Du Coudray, ce dit-on, La faridondaine, la faridondon, Le croit, je suis de son avis, biribi, A la façon de Barbari, mon ami.

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