‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 4)Chapitre 69 sur 128 · BOUQUETS A LOUIS XV · texte numérisé non relu

BOUQUETS A LOUIS XV

Dans la splendeur qui l'environne Voyez son auguste personne.

Que cette Majesté me plaît * !

Il ne lui faut point de couronne Pour nous apprendre ce qu'il est.

Quelle aveugle fureur vous arme contre nous, Barbares ennemis de la Nouvelle-France 8 ?

1. « Vous avez vu à Versailles le petit roi. Le joli triomphe de la grâce enfantine dans l'hermine et la pourpre; ces yeux lumineux et noirs et sourieurs, ces longs cils qui frisent, ce joli teint, cette charmante petite bouche, ces petites joues rouges, tout cela dont nous parle M me la duchesse d'Orléans en ses lettres, et la finesse, la délicatesse, l'harmonie d'un visage de femme en cette petite mine ronde, la mignonesse et le charme d'un Joas, la face bourbonnienne en fleur et sa lumière dernière! Une vie spirituelle court sous cette chair rose et rayonnante ; une malice s'éveille sur cette petite lèvre charnue et de race, deux petites fossettes s'apprêtent à rire au milieu de ces joues mêmes ; vous n'imagineriez pas autrement l'espièglerie couronnée dont le portrait dit bien le bon plaisir d'un royal enfant terrible. » (De GONCOURT.)

2. Le Canada, découvert par Sébastien Cabot, et occupé au nom de la France par Jacques Cartier, fut colonisé au XVII e siècle par Champlain et prit dès lors le nom de Nouvelle-France.

194 Clair ambault- Maure-pas.

Victimes de votre imprudence, Vos propres traits bientôt retomberont sur vous. Le Français si souvent vous a donné des marques

De sa valeur dans les combats ; Les plus fiers potentats, les plus puissants monarques Tremblent à ce seul nom, et vous ne tremblez pas ! Eh quoi ! prétendez- vous contre lui vous défendre ? Pour un si haut projet, trop faibles ennemis, Un favori de Mars saura bien vous apprendre

A respecter les lis.

C'en est fait; Louvigny, saisi d'un nouveau zèle,

Venge la gloire de son roi, Force ces orgueilleux à recevoir la loi Et leur couvre le front d'une honte éternelle 1 . Que dis-je ? Avec bonté le vainqueur les reçoit, Sa douceur les dérobe à sa juste vengeance , Triomphe éclatant que ce pays lui doit.

Porte au jeune Louis de la double victoire, Cher Louvigny, le tribut glorieux; Ton nom victorieux Sera le premier trait marqué dans son histoire. Nos neveux t'y verront, les armes à la main,

Chercher au péril de ta tête

i. L'événement dont il est question ici remonte à l'année 1716; mais il ne fut connu à Paris qu'en 1717. Nous lisons dans le Journal de Dangeau : « On a des nouvelles de Québec, qu'au mois d'octobre, Louvigny, major de la place, marcha avec quelques Français et quelques sauvages alliés; il alla jusqu'à 400 lieues à l'ouest contre des sauvages qui s'étaient déclarés nos ennemis et qui avaient fort troublé notre commerce. »

Année 1717. 195

Un bouquet pour ton souverain.

Personne mieux que toi célébra-t-il sa fête?

C'est ainsi que le ciel fixe notre bonheur.

De notre nouvel Alexandre

Que ne devons-nous pas attendre ?

La victoire et la paix préviennent sa valeur; De sa grandeur future elles sont un présage 1 .

Ce monarque, par ce trait seul,

Retrace la première image

De son auguste bisaïeul.

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