DU DUC DE NOAILLES
Le digne fils du héros De Rigaud 1 ,
qu'il était détestable et qu'il s'était délecté à se faire sentir tel à chacun ; jusqu'en faisant plaisir il avait le talent d'offenser. Il n'était donc plaint de personne et végétait en nulle, sans voix au Conseil de régence, et sans quoi que ce soit à faire chez lui. » (Notés sur Dangeau.) — On l'accusait de concussion ; de la la qualification d'usurier dont on le gratifiait. — Bien qu'un Recueil manuscrit indique ici, en note, d'Effiat, nous croyons fermement qu'il s'agit de Pontchartrain.
I. Le duc de Noailles, fils du maréchal. (M.) — En 1694, le maréchal s'était fait peindre en grand par le célèbre Rigaud, et il avait voulu que l'on représentât dans le lointain, à l'arrière-plan du tableau, Campredon et Roses, deux places fortes qu'il avait prises en Catalogne. Les poètes profitèrent de l'occasion pour le chansonner :
N'as-tu pas vu ce héros
Chez Rigaud?
Oh! la fiére contenance!
On dirait qu'il va parler
Et crier :
Je suis maréchal de France.
Voila tout ce que j'ai fait
En portrait; Voilà Campredon et Roses.
Mais si je suis secondé
Cet été, Je ferai bien autre chose.
Année ij 77. 201
Qui fait l'homme d'importance De l'argent qu'il a pillé
Et volé, Fait de grandes alliances 1 .
Ci -devant en Roussillon,
Ce dit-on, D'un père suivant la trace, Il nous a bien confirmé
Et prouvé, Que bon chien chasse de race.
Il fait regretter, à présent,
Les tyrans Qui ont écorché la France.
Desmarets n'a guère pris,
Près de lui , Et moins pillé les finances a .
Qu'il nous vante, cependant,
Ses talents Au conseil et à la guerre :
A la guerre, il fut poltron
Et fripon,
1. Il a marié sa fille avec le prince Charles de Lorraine-Armagnac. (M.)
2. Détail peu flatteur pour les ministres du Régent. On les comparait déjà à ceux du grand roi, qui s'étaient vus. naguère menacés de la potence, et la comparaison n'était pas à leur avantage.
20Z Clairambault-Maurepas.
Inhabile au ministère.
Régent, chasse promptement
Ce brigand , Si tu veux qu'on te bénisse.
Tu ne pourrais rendre au roi,
Sur ma foi , Un plus important service.
Mais, fais rendre auparavant, Tout l'argent
Qu'a pris dans sa présidence,
Ce duc et pair usurier Et banquier,
Ou qu'il aille à la potence.
Boyer, le bisaïeul du fasteux Noailles, Était le Bourvalais de nos pères barbons, Rouillé, marchand de drap, issu d'homme de paille, Fit son fils maltôtier, agioteur de tétons, Dont Voigni sut suivre la piste.
Aucun de ces grivois ne fut oncques pendu, Mais Noailles et Rouillé, tout généalogiste Trouve que de larrons vous êtes descendus.
Année 1717. 203