Exempts de police. (M
3. « Les mémoires pleuvaient contre lui ; il ne passait pas pour avoir les mains nettes. La marine entière, qu'il s'était complu à désespérer, criait alors sans crainte et sans ménagement. » (Saint-Simon.)
4. « Dieu ! quel changement dans l'Église et dans l'État après la mort de Louis XIV! Le croirions-nous, si nous ne l'avions vu? Le cardinal de Noailles, qui depuis dix-
LOUIS ANTOIHK DE NOAII.I.ES
Cardinal Archevêque de Pana
Annie lyiS. 71
Par tes ordres cruels l'éloquence craintive Laissa gémir longtemps la vérité captive ; Elle recouvre enfin toute sa liberté, L'orage se dissipe et lui rend sa clarté.
Mais réponds à présent, et montre^nous quel titre^ Des principes de foi t'érigeait en arbitre * ? L'exil et la prison signalant tes fureurs * Punissaient l'innocent sous prétexte d'erreurs ; Tu versais le poison dans le sein de l'Église,
huit' mois était exilé de la cour, y fut reçu comme en triomphe quatre heures après la mort du roi. Le P. Le Tellier, tout puissant quelques jours devant, y tomba dans un décri inexprimable. Bien lui en prit de se cacher à l'arrivée du cardinal ; s'il se fût montré en ce moment , combien de reproches, d'insultes, d'avanies, aurait-il eu à essuyer , tant on était irrité contre lui ! Les obsèques du roi furent à peine finies que ce Père, par ordre de la cour, fut chassé de Paris comme un perturbateur public , comme un homme odieux à tout le monde ; il reçut l'ordre d'aller ronger son frein d'abord à Amiens , où il resta assez longtemps (quatre ans) , ensuite à la Flèche , que les principaux des jésuites regardent comme la voirie, où depuis il n'a été mention de lui. Il y mourut, deux mois après, de chagrin, presque de maladie, oublié du peu qu'il avait eu d'amis, haï de ses confrères, qu'il avait traités durement" tant qu'il avait été en place. » (Mémoires de l'abbé Legendre.)
1. Si l'on en juge par Ips faits, le P. Le Tellier n'avait pas précisément lieu de s'ériger en arbitre de la foi, puisque son livre sur les Cérémonies chinoises avait été condamné par la Sorbonnc et par le pape.
2. « Le jésuite Le Tellier en usa pour la Constitution comme Louvois avait fait contre les protestants. Mêmes iiitrigues, même inquisition, séductions, menaces et totu*ments. Si la tyrannie fut plus sourde, elle n'en fut pas moins cruelle. » (DuCLOS.)
J2 Clairambault'Maurepas,
Sans que la plainte alors nous put être permise. Quels désordres, ô ciel I et que de lâchetés ^ ! Livrant leur conscience au prix des bénéfices. Ils t'accordaient ainsi les plus honteux services. Sur ton égarement ouvre un moment les yeux ; Connais de ton esprit TefFort audacieux.
Il fait naître aujourd'hui ces funestes disputes Qui nous causent toujours d'inévitables chutes ; C'est lui qui, n'écoutant que de faux préjugés. Abandonne au péril tant de gens engagés.
Quelle ardeur t'animait? Tu vois quelle est la suite Qu'apporte à tes desseins cette aveugle conduite*; Tu vois ce qu'a produit ta folle ambition; Desnos savants prélats elle rompt l'union.
Et, voulant tout ranger sous son obéissance.
De l'Église alarmée affaiblit la puissance.
Était-ce là comment il fallait prévenir Les maux qui selon toi menaçaient l'avenir ?
Avoue ici plutôt. qu'une gloire trompeuse Flattait lés sentiments de ton âme orgueilleuse ; Tu tâchais d'affermir ton pouvoir combattu Sur les tristes débris du mérite abattu.
1. Il manque ici un vers que les Recueils manuscrits ne donnent pas.
2. « Ses confrères, effrayés de son trop de vivacité dès les premiers mois qu'il fut confesseur du roi,. disaient : « Il nous mène grand train , gare qu'il ne nous verse à aller si vite! C'était un homme de collège, peu propre aux grandes affaires, assez téméraire pour les entreprendre, pas assez habile pour les bien conduire, ni assez sage pour les^bien finir. » (Mémoires de l'abbé Legendre,)
Année l'jtS. 73
Mais puisque ton projet avorte en sa naissance, Désormais la retraite est Tunique assurance Qui te reste pour fuir les ennemis jaloux Qu'arme contre toi seul un trop juste courroux.