‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 5)Chapitre 52 sur 76 · DE PONTCHARTRAIN · texte numérisé non relu

DE PONTCHARTRAIN

Est-il vrai ce que Ton dit*?

Vraiment, ma commère, oui ; Que Pontchartrain est par terre.

Vraiment, ma commère, voire.

Vraiment, ma commère, oui.

On dit qu'il est bien marri De n'avoir plus l'écritoire.

Il était si bon ami'.

Il était si débonnaire.

1. « Le duc de Saint-Simon, qui avait juré la perte de Pontchartrain, détermina M. le duc d'Orléans à donner la charge de secrétaire d'État au fils, presque enfant, et à la faire exercer, en attendant l'âge, par La Vrillière, Phélypeaux comme lui, et secrétaire d'Etat par lui-même. Cela fut donc exécuté par une lettre du Régent au chancelier Pontchartrain , qui lui faisait valoir cette grande marque de considération personnelle, qui maintenait si singulièrement sa famille, et lui défendait en même temps de lui écrire, encore moins de paraître devant lui auparavant que son fils eût donné sa démission, et que son petit-fils fût potuvu à sa place. » (Saint-Simon, Notes sur Dangectu,)

2. On trouve dans les chansons beaucoup de contrevérités, c'est-à-dire des éloges ou des blâmes appliqués à

I20 Clairamhault'-Maurepas,

On dit qu'il prend le parti De se faire voir à la foire ;

Ce sera bien mieux pour lui, Que de rester à rien faire.

Est-il vrai qu'on prend son fils * ?

Vraiment, ma commère, oui; Vaudra-t-il mieux que son père ?

Vraiment, ma commère, voire.

Vraiment, ma commère, oui.

ceux qui les méritaient le moins. Tel est le cas ici, car personne n'était moins bon ami et moins débonnaire que Pontchartrain. « Il aimait le mal pour le mal, nous dit Saint-Simon , et prenait un singulier plaisir à en faire du bien. Son commerce était insupportable, et il disait aux gens les choses les plus désagréables avec volupté. Son délice était de tendre des panneaux , et la joie de son cœur de rendre de mauvais offices. »

I. Ce fils fut le célèbre comte de Maurepas ; il avait à peine quinze ans alors. Trois années plus tard on l'autorisa à remplir lui-même les fonctions de sa charge.

Année lyiS. 121

Page 1