SAINTES DE LA COUR
Sainte Agacente* Du sang des demi-dieux,
1. Le comte de Bussy-Rabutin , auteur de V Histoire amoureuse des Gaules, eut un jour l'idée bizarre de composer un Livre d'heures dans lequel les saints du calendrier étaient remplacés par les portraits en miniature de quelques personnages de la cour dont les femmes étaient soupçonnées de galanterie. Ce manuscrit singulier fut célèbre au XVII* siècle ; c'est à lui que Boileau fit allusion dans ces vers bien connus :
Moi ! j'irais épouser une femme coquette !
JUrats, par ma constance aux affronts endurci. Me mettre au rang des saints qu'a célébrés Bussy?
Bussy mort, il passa au XVIII* siècle entre les mains du duc de La Vallière, et à la vente des livres du célèbre bibliophile il atteignit le prix de 2,400 francs.
Tout récemment on l'a vu reparaître à l'Hôtel Drouot , où il a été adjugé pour 15,550 francs à un riche amateur.
L'exemple donné par Bussy-Rabutin ne fut pas perdu pour les courtisans, — cette pièce en est la preuve, — et ils s'amusèrent fréquemment à célébrer , sous le nom de Saintes, toutes les dames de la cour qui avaient le moins de droits à cette qualification.
Pour cette pièce et pour toutes celles du même genre qui pourront trouver place dans notre publication, nous reproduisons les notes du manuscrit original, sans les accompagner d'aucun commentaire. Le lectem* n'aura pas de peine à comprendre les motifs de notre réserve.