DU MARÉCHAL DE SAXE
Il n'est plus, ce guerrier' dont, au sein de la gloire, La mort respecta les travaux.
Il eut pour maître la Victoire, £t pour disciples ses rivaux.
1. Nous avons réuni sous ce titre les différentes épigrammes et épitaphes relatives au maréchal de Saxe qui se trouvaient disséminées dans les recueils manuscrits.
2. Le maréchal de Saxe mourut au château de Chambord, à l'âge de cinquante-quatre ans, le 30 novembre 1750. « On fit des contes sur cet événement, comme sur tout ce qui concerne les hommes extraordinaires. Le vrai est qu'il périt dans son lit, des suites de ses débauches. Dans les deux dernières années de sa vie c'était un cadavre ambulant dont il ne restait plus que le nom. En cela il a justement mérité le reproche de n'avoir pas été assez délicat dans ses plaisirs, puisqu'ils l'ont conduit au tombeau par une fin prématurée. » ( Vie privée de Louis XV.)
rt ,
Année lySo. 175
A Courtrai Fabius, Annibal à Bruxelles, Sur la Meuse Condé, Turenne sur le Rhin, Au léopard farouche il imposa le frein, Et de Faigle rapide il abattit les ailes ^
Rome eut dans Fabius un guerrier politique.
Dans Annibal Carthage eut un chef héroïque. - La France, plus heureuse, eut dans ce fier Saxon La tête du premier et le bras du second *.
Maurice a donc subi la loi de la nature, Loi commune aux héros comme aux autres mortels: Mais lorsque l'univers lui dresse des autels, Grâce à nos préjugés il est sans sépulture®.
1. « Je regrettai sincèrement en lui le défenseur de ma patrie, écrit Marmontel, et pour honorer sa mémoire autant qu'il était en moi, je fis cette épitaphe. »
2. « M. d'Alembert, déjà reconnu pour un très grand géomètre, mais qui n'était point encore de l'Académie française, n'avait point essayé ses forces en littérature et n'annonçait aucune prétention au bel-esprit, débuta par une épitaphe du maréchal de Saxe. Quoique assez médiocre, elle eut assez de vog^e et le nom de son auteur seul l'a fait conserver. » ( Vie privée de Louis XV.)
3. « Le Roi ne pouvant, à cause de la religion que ce général professait, lui accorder les honneurs funèbres qui
176 Clair amhault^Maurepas.
Dans l'éternelle nuit Saxe vient de descendre.
Les pleurs d'un grand monarque arrosent son tombeau.
O pleurs éloquents ! Qu'il est beau
De les causer, de les répandre !
■^»^rf%^^ ^*\^<»
De ce héros mère adoptive, La France dut la paix à ses nobles travaux ; Il tint sous ses drapeaux la victoire captive. Et remporta toujours des triomphes nouveaux ; Il eut des envieux et n'eut point de rivaux ^
Maurice sur ses pas enchaîna la victoire, De ses succès le cours n'eut jamais de reflux. Sur ce marbre, en deux mots, passant, lis son histoire Il marche, tout lui cède ; il triomphe, il n'est plus !
Dans ce triste tombeau tout couvert de lauriers, Repose ce grand homme admiré des guerriers :
A nos fiers ennemis son bras fut redoutable,
opt été décernés à M. de Turenne, ordonna que les frais de son transport et de son inhumation à Strasbourg seraient pris sur son trésor royal, et qu'il lui serait en outre élevé un mausolée de marbre qui serait construit et travaillé par le sieur Pigalle, célèbre sculpteur, pour servir de monument à ses services. » (yourn. historique.) I. Par Saurin, d'après le Journal historique de Collé,
Année ijSo, 177
Il fut un autre Mars ; mais il perdit le jour Pour avoir trop souvent combattu pour Tamour,
Ci-gît, de qui la renommée Publia les exploits au delà du tombeau ; Il brillait à Cythère, il brillait à l'armée; Et Vénus mille fois lui prêta son fourreau Pour réparer le mal que faisait son épée.
^k/\A^\/N/VN^SA^
Ci-gît ce fameux capitaine Qui par la gloire fut guidé; Il fut brave comme Condé Et fut prudent comme Turenne :
Ce grand héros était sensible, Il servit Mars et les amours ; Amant tendre, soldat terrible, Maurice triompha toujours.
<yMW»^^WMMVM^
Le Saxon, vaillant et paillard.
Dans Tempire des morts rencontrant Jeanne d'Arc ;
Salut, dit-il, à l'héroïne Qui de rÉtat français empêcha la ruine.
Chez des peuples reconnaissants
Tu t'es acquis une gloire éternelle ;
178 Clairambault'JUaurepas.
Que n'ayons-nous vécu tous deux en même temps !
Je t'aunds ofifert mon encens.
Et Ton ne t'eût jamais appelée la Pucelle.
ÉPIGRAMMES DIVERSES