‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 114 sur 213 · LES MARIAGES DE PARIS · texte numérisé non relu

LES MARIAGES DE PARIS

L'amour, Thymen et les ris,

Dans Paris, Font une fête chérie En faveur du citoyen

Pour le bien Et rhonneur de la patrie.

Qui nous donne ce beau jour,

Où Tamour S'unit avec l'abondance ?

C'est un rayon du soleil

I . Le Roi, après avoir pris connaissance des réjouissances projetées en l'honneur du duc de Bourgogne et de la dépense qu'elles devaient entraîner, préféra, comme le remarque Barbier, « quelque chose de plus solide et de plus utile » ; il décida que la somme destinée aux fêtes serait consacrée à doter et à marier six cents filles dans Paris. « Au lieu de faire des feux d'artifice et de donner des fêtes qui coûtent toujours beaucoup et ne procurent aucun avantage, la Ville a donné un fonds pour ces mariages. Chacune de ces filles a été habillée, a eu cent écus comptant, et les frais de noce ont été faits aux dépens de la Ville, Le peuple de Paris a paru approuver beaucoup toutes ces dispositions, qui sont en effet très bonnes et très louables. Les curés de Paris qui ont été chargés de faire ces mariages les ont arrangés et les ont faits avec beaucoup de décence et de dignité. » (Journ. hist de Collé.) Ces mariages furent tous célébrés le 9 décembre.

■ 92 Ciairambault^Maurepas.

Non pareil Qui fertilise la France.

Que pour jamais le burin,

Sur l'airain, Grave les dons de la Ville ; Elle exécute un projet

Dont l'objet N'est pas une œuvre stérile.

Le bien public a dicté,

Arrêté, Ce projet si beau, si sage, Et la liberté

A compté De quoi couronner l'ouvrage.

Ce système est sensé,

Bien pensé.

Quand on pourvoit six cents filles, On devient le bienfaiteur

Et l'auteur De deux fois deux cents familles ^.

Vive notre gouverneur.

Ce seigneur Doux, officieux, affable ;

I. « Ce trait de la politique et de l'humanité du Roi a procuré dans la France deux mille mariages; il peut, depuis

Année lySl. 193

Il fait voir qu'un duc est grand

Doublement Quand il sait se rendre aimable.

On est bien venu chez lui

Sans appui; Chez lui la faible indigence Peut prétendre au même accès

Et succès Que la plus haute opulence.

Que le prévôt des marchands

De nos chants Excite aussi l'allégresse ; Ceux qui lui succéderont

Ne pourront Le surpasser en sagesse.

Dans dix siècles on saura,

On dira Ce que furent les Bernages ; Leur gloire aura pour garants

Les enfants Issus des six cents mariages.

Cette fête vaut bien mieux Que ces feux

quatorze années qui se sont écoulées, avoir fait profit à l'État de quinze ou seize mille hommes. » (Journal historique.)

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