‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 130 sur 213 · LES BOULEVARDS · texte numérisé non relu

LES BOULEVARDS

Chacun devrait te rendre hommage,

Joseph Outrequin, Au prévôt des marchands Bernage,

A chaque échevin.

Car vous méritez bien, je pense,

I. Chanson sur M. de Bernage, faite à l'occasion de l'agrandissement des boulevards et des bancs qu'on y a mis par ses ordres. (M.) — « Comme M. le prévôt des marchands a fait assez bien accommoder les boulevards, que les contre-allées sont sablées, avec des bancs de pierre, et que l'allée du milieu est arrosée tous les jours pour préserver de la poussière les maisons voisines, ces boule-

234 Ciaîrambault'Maurepas.

Des compliments de toute part ;

Vit-on plus utile dépense

Que d*humecter notre rempart?

Ce séjour est méconnaissable.

On est enchanté, En voyant jeter du sable

Sur chaque côté.

D'y passer on va se résoudre, C'est une belle chose à voir ; La crotte y succède à la poudre, Par le moyen d'un arrosoir.

Le marquis, le robin, le page,

Y vont tous les jours A cheval, ou dans Téquipage,

Comme l'on fait au Cours ; La femme la plus minaudière Pourra s'étaler dans son char; Car pour abattre la poifssière On fait inonder le rempart.

Les gens de conduite mauvaise Étaient offensés,

vards font cet été la promenade de Paris qui est à la mode. Il y a, principalement les fêtes et les dimanches, un concours étonnant de carrosses qui font cours en plusieurs files, depuis la porte Saint-Antoine jusqu'à celle du Pontaux-Choux. Il y a aussi dans cet espace plusieurs cabarets et des loges de marionnettes. Cela fait spectacle et presque foire. » {y^ourn. de Barbier,)

Année ijSS. 22^

De ce qu'on était mal à Taise

Dans tous les fossés.

Filles, qui cherchez là des dupes Et qui les tirez à l'écart, Vous ne salirez plus vos jupes, On met des bancs sur le rempart.

Pour s'attirer la bienveillance

De tous les laquais, "*

Près r Opéra, quelle prudence !

On a fait exprès Un palais qui n'est pas de paille Et qui couvre un fort bel hangar*, Et pour asseoir cette canaille, On met des bancs sur le rempart.

Ma foi, c'est une mine à peindre

Que ce magistrat.

Qui voudrait à présent s'en plaindre

Serait un ingrat; L'accuser comme le vulgaire D'être ignorant, lambin, musard, C'est n'avoir pas vu la poussière Dont il a purgé le rempart.

On voit briller en toute chose Ce fameux prévôt.

I. Nouveau bâtiment fait pour mettre à couvert les laquais. (M.)

220 C l air amhault^ Maure pas.

Et si quelquefois on le glose,

C'est mal à propos.

Pouvait-il mieux dans chaque fête Divertir le tiers et le quart ; Aussi nous fallait-il sa tête, Pour nettoyer notre rempart.

Page 1