‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 143 sur 213 · Par la mort du duc d'Aquitaine. (M · texte numérisé non relu

Par la mort du duc d'Aquitaine. (M

2. Le Roi profita de la naissance du duc de Berry pour faire grâce au Parlement. A la fin du mois d'août, les con> seillers exilés eurent ordre de rentrer à Paris; le 3 septembre, la Chambre royale fut supprimée, et le 4, le Parlement reprit ses fonctions. « Les cours du Palais et les

Année i'/54' 243

Louis triomphe en ce jour, Grand Sénat, par ta victoire; Il te rend à notre amour, C'est le comble de la gloire ; Vive, vive le Parlement I En son honneur il faut boire.

Sois toujours le protecteur D'un peuple qui te révère ; Louis fait notre bonheur, Mais sers-nous toujours de père.

Vive, vive le Parlement I Répétons tous à plein verre.

Il fallait, grands Sénateurs, Toute votre résistance Pour prévenir nos malheurs ; . Tout allait en décadence.

Vive, vive le Parlement !

Ah I qu'il tient bien la balance.

Venez moissonner des ris, Vous qui semâtes des larmes ; Rassurez tous nos esprits Par la force de vos armes,

escaliers étaient remplis de peuple qui, à l'arrivée de chaque carrosse et au passage des conseillers, criait : Vive le Roi, vive le Parlement ! La grande salle du Palais était si pleine de monde qu'on ne pouvait pas «'y remuer. Il y avait une démonstration de joie générale. On claquait des mains et on criait de même. » i^Journ, de Barbier^

244 Clairamhault^Maurepas.

Vive, vive le Parlement !

Qui met fin à nos alarmes.

Digne objet de tous nos vœux, Magistrat prudent et sage, Maupeou, reçois dans ces lieux De chacun le juste hommage.

Vive, vive le Parlement !

Tenons toujours ce langage.

Puissions-nous tous à jamais, Au sein d'une douce ivresse.

Jouir de Taimable paix Que procure la tendresse.

Vive, vive le Parlement !

Chantons avec allégresse Vive, vive le Parlement !

Et son premier président.

UEXIL DE BEAUMONT^

Beaumont, sens ta méprise, A Teau tant va le pot

I. Après le retour du Parlement, la lutte avait recommencé entre les magistrats et le clergé, à propos des refus de sacrements. « L'archevêque de Paris, écrit Voltaire, se

Année 1^54, 245

Qu'à la fin il se brise ; Qu'à ta place on est sot I Enfin donc on t'exile, Tu deviens à ton tour La fable de la ville Ainsi que de la cour.

Du clergé la puissance N'a pu t'en garantir, De ta persévérance Tu dois te repentir; Ta liberté ravie, Prélat, te prouve bien Que Thomme en cette vie Ne doit compter sur rien.

Du Parlement l'absence Fit ton contentement, Il est de cette offense Vengé présentement.

Qu'il prend bien sa revanche !

Ne te plains point à tort Que la balance penche Du côté du plus fort.

signala plus que jamais dans cette guerre de billets de confession. Le premier président de Maupeou, qui avait acquis beaucoup de crédit auprès du Roi par sa sagesse, fit

enfin connaître tous les excès de l'archevêque Le Roi

l'exila, mais ce fut à Conflans, à sa maison de campagne, à deux lieues de Paris, et il faisait autant de mal de Conflans que de son archevêché. »

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