LA PRISE DE PORT-MAHON
Pour réprimer l'arrogance Et l'audace des Anglais, La gloire anime les Français.
Sur les côtes de Provence On assemble avec succès De bons et fidèles sujets.
Les vieillards et la jeunesse, Les bourgeois et la noblesse Bravant l'horreur du trépas, Les bourgeois et la noblesse, A Louis offrent leurs bras.
L'activité, le courage, Accélèrent les travaux,
sence annonce la prise du fort Saint-Philippe. La joie est générale, car la difl&culté et la longueur de ce siège, depuis le mois de mai, faisaient craindre les événements. » {^ourn. de Barbier*)
268 Clairambault'Maurepas.
La mer gémit sous nos vaisseaux ; Dans ce périlleux voyage.
Officiers et matelots S'empressent d'aller sur les flots.
Déjà l'escadre fait voile Et sous une heureuse étoile Arborant son pavillon, Et sous une heureuse étoile Elle arrive à Port-Mahon.
Richelieu qui la commande, , Dont on connaît la valeur.
Inspire le zèle et l'ardeur; Il faut que l'île se rende, Ou que le héros vainqueur Use avec elle de rigueur; L'offense est trop violente, , Une vengeance éclatante, Fatale à nos ennemis, Fera respecter les lys.
Quoique un bord impénétrable * Ne montre aux yeux que canons, Que remparts et bastions;
I. « £n entrant dans le fort Saint-Philippe, en voyant les vivres et les munitions immenses dont il était garni, une garnison fraîche et se reposant danç de superbes casemates avec autant de sécurité que s'il n'y eût pas eu de siège ; une forteresse taillée dans le roc vif impénétrable au canon, des fossés d'une profondeur énorme, des mines nombreuses et vastes, capables d'engloutir des bataillons
Année ij56, 26^
A cet aspect formidable, Le Français en action S'avance sans émotion ; Rien ne résiste à ses armes, La terreur et les alarmes Rendent nos soldats vainqueurs *.
Trop orgueilleux insulaires, Abandonnez Port-Mahon, Et retournez en Albion, Vous agirez à vos affaires; Et pour votre trahison Vous méritez punition ; Prétendus maître de l'onde, Vous passerez dans le monde Quoiqu'il vous en coûte cher.
entiers, les Français furent effrayés des dangers qu'ils avaient courus ; malgré leurs fatigues et leurs pertes, ils les estimèrent bien peu proportionnées à leur triomphe ; ils n'osaient le croire. » ( Vte privée de Louis XV.)
I. C'est surtout à son audace et à l'impétuosité des soldats que le maréchal de Richelieu fut redevable du succès. « Bravant le feu terrible des assiégés, Ton sauta dans les fossés profonds de dix-sept pieds et l'on planta les échelles qui n'en avaient que dix. Ce désavantage n'intimida pas les grenadiers ; en montant sur les épaules les uns des autres ils escaladèrent le roc et s'y logèrent. Cette audace incroyable étourdit tellement la garnison et le vieux gouverneur, que malgré la petite perte qu'ils avaient faite et le bon état des troupes dans toute leur vigueur, malgré l'état non moins bon du corps de la place, capable de résister encore longtemps, le conseil de guerre opina pour capituler. » (lôid.)