LA GUERRE PRESENTE
A TANT de perfidie ont-ils pu se résoudre, Quelle horrible injustice ! et ne fallait-il pas Que des éclairs du moins précédassent la foudre Que nous lancent leurs bras ?
Les pirates Êimeux des africains rivages Aux lois des nations se montrent plus soumis. Et n'exercent jamais leurs cruels brigandages Que chez leurs ennemis *.
1. Ode de M. de Coulanges sur les Anglais, au suj[et de la guerre présente et sur la conquête de l'île de M inorque et du fort Saint-Philippe, par le maréchal de Richelieu. (M.)
2. « Eh quoi ! écrivait, au début de la guerre, le marquis d'Argenson, les Anglais n'ont pas de honte de leur ressort d'avarice qui les anime bien autant que la gloire et la politique. Ils veulent posséder à eux seuls tout le commerce. Ils sont plus animés comme de vils marchands que comme défenseurs de leurs foyers, comme citoyens du monde et arbitres de l'Europe. Est-ce là cette nation prétendue philosophe ? »
274 Clairambault-Ataurepas.
Que dis-je ! ces brigands, ces monstres homicides. Dont le nom dans l'histoire est encor détesté, Barberousse et Dragut, dans leurs courses avides. Ont eu plus d'équité.
Ils ont cent fois troublé le repos de la terre Et brisé les liens des nœuds les plus sacrés. Ils ont seuls rallumé le flambeau de la guerre; Qu'ils en soient dévorés.
Oui ! je crois déjà voir par des fêtes brillantes. Nos peuples consacrer nos exploits immortels, Et des Anglais domptés les enseignes sanglantes Ombrager nos autels. •
Ainsi donc il n'est point de fort si redoutable! Que ne puisse emporter l'ardeur de nos guerriers ! Et pour les couronner, les plus stériles sables Font naître des lauriers.