ADIEUX A LA GUERRE
J'ai vu périr Gisors ' et perdre une victoire, Où je manquai cent fois de périr à mon tour ; Mon sang sur mes lauriers coulait à mon retour : Cela m'en dégoûta plus qu'on ne- saurait croire.
Qu'on en jase tant qu'on voudra, Apollon peut rayer mon nom de son grimoire ;
Non, les neuf filles de Mémoire, Ami, n'en valent pas une de l'Opéra;
1. Collé, qui transcrit cette chanson dans son journal, la juge sévèrement : « Ces vilenies, dit-il, sont faites la plupart par des gens de la cour ; il est aisé de le voir par la négligence, les fausses rimes et autres irrégularités ' dont elles sont remplies. Ces couplets sont cruellement mairvais. L'on y voit le dessein et la rage, mais non l'art de médire. »
2. Épttre du comte de Lauraguais à un de ses amis. L'auteur était à l'affaire de Crevelt où il fut blessé à la tête de son régiment, qu'il a quitté ainsi que le service. (M.)
3. Le comte de Gisors, fils du maréchal de Belle-lsle, avait péri dans la bataille de Crevelt, à peine âgé de vingt-cinq ans. « Ce fut une perte nationale. Ce jeune homme, dans un âge où les meilleurs sujets ne donnent que des espérances, était regardé comme un capitaine expérimenté et un homme d'État. » {Mémoires de Duclos.)
296 Clairambault^Maurepas^
Aux hommes comme nous on n'en fait point accroire :
J'abandonne Mars pour T Amour.
Entre les bras d'Arnould * j'aime mieux vivre un jour, .
Que mille et mille ans dans Thistoire; •
Sans risquer désormais de passer Tonde noire. Ainsi que La Vallîère * en son heureux, séjour. Je ne veux que chasser, rire, chanter et boire. Quand on est riche, duc, et qu'on rampe à la cour, On a toujours assez de gloire.