‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 175 sur 213 · CONSEILS AUX FRANÇAIS · texte numérisé non relu

CONSEILS AUX FRANÇAIS

Français, ne guerroyez donc plus.

Vos efforts seraient superflus ; Vos bras sont redoutables... eh bien, Vos têtes pitoyables, Vous m'entendez bien.

1. Le désastre de Crevelt et l'incapacité de nos généraux avaient démontré à Bernis la nécessité de faire la paix ; et c'est pour l'avoir réclamée, tandis que M"** de Pompadour s'obstinait à soutenir Marie-Thérèse et à poursuivre la lutte, qu'il fut disgracié.

2. Dans une épître adressée au comte Gotter, Frédéri c II qui se piquait d être aussi fin critique que grand général, avait écrit :

Je n'ai pas tout dépeint, la matière est immense, Et je laisse à Bernis la stérile abondance.

Aussi fut-on porté à croire que Bernis avait voulu se venger par le traité de Versailles des railleries du monarque, tandis que, d'après Duclos, il « n'avait pas été le plus vif partisan du traité, quoiqu'il l'eût signé. »

Année lySg. 303

A Rosbach, un chef barbouî Vous a comblé de déshonneur ; On fuyait comme quatre Avant que dé combattre.

A Crevelt, vos braves guerriers En vain ont cueilli des lauriers;

L'impérieux Mortagne^

Croit qu'on perd quand on gagne.

D'Hastembeck le sage vainqueur* Fit triompher votre valeur ;

Mais un ordre suprême

Le terrassa lui-même.

J'aime mieux, dit son successeur', Plus de profit et moins d'honneur;

Vaincre est fort difficile,

Traiter est plus utile.

Hanovre, vous avez grand tort, D'appréhender pour votre sort ;

1. Lieutenant général des armées du roi (M.) — Il passait pour être l'inspirateur du comte de Clermont, le vaincu de Crevelt.

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