‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 199 sur 213 · LES EXPLOITS DE CONDÉ · texte numérisé non relu

LES EXPLOITS DE CONDÉ

Monseigneur, vous ne fîtes rien, Mettant les Anglais en déroute, Soubise nous l'assure bien ; Le même ne veut pas qu'on doute Que c'est lui qui les a battus, Quoique de loin il les ait vus; Non, non, on sait bien.

Monseigneur, vous ne fîtes rien.

Monseigneur, vous ne fîtes rien.

Vous le verrez dans la Gazette ; Cependant ici l'on soutient Que l'on vous doit cette défaite, Que quelques jours auparavant L'ennemi fuit, vous redoutant.

I. Cette chanson a été faite au sujet d'un avantage considérable, remporté par M. le prince de Condé, dont les courtisans voulurent donner la gloire au prince de Soubise. (M.) — Il s'agit ici de la bataille de Johannisberg, en Hesse, livrée le 30 août. « La division commandée par le prince de Cpndé eut la plus grande part au succès. Ce prince avait déjà eu un avantage, le 25, sur le prince héréditaire de Brunswick, mais moins important que celui-ci. » {Journal historique,) — Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (i 736-1818), était le fils du duc de Bourbon, premier ministre de Louis XV.

Année ij 62. 345

Monseigneur, vous ne fîtes rien ; Eh bien ! qu'on fasse davantage !

Qu'on soit vainqueur et citoyen.

Comme vous l'êtes à votre âge, Qu'on ne veuille point envier Un brillant et juste laurier.

Non, non, on sait bien, *

Monseigneur, vous ne fîtes rien.

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