SUR LE COMTE DE MAUREPAS
Comment voulez-vous qu'en France La marine aille son train, Confiée à l'impuissance Du dernier des Pontchartrain ?
Nous souffrons de son étoile ;
Année 1744. 43
Il ne manque pas de voile,
Mais où le blesse le bât,
Cest qu'il n'a pas de grand mât^
SUR LE MARQUIS d'aRGENSOn'
Non, d'Argenson n'est pas un ministre de balle, Quoi qu'en dise la cabale ; Il est bien fait pour son département, Car, sans lui faire compliment, On peut dire que les affaires Sont pour lui fort étrangères *.
X. L'équivoque est facile à saisir, si Ton tient compte des bruits qui couraient sur Maurepas. « On lui a disputé jusqu'à la qualité dhontme, disait le marquis d'Argenson et il a une grande réputation d* impuissance, »
2. René Louis de Voyer, marquis d'Argenson (1694- 1757), était le fils aine de l'ancien lieutenant général de police et garde des sceaux du Régent ; il avait été conseiller au Parlement, conseiller d'État, et intendant du Hainaut. Il fut appelé le 18 novembre 1744 au poste de ministre des affaires étrangères, vacant depuis six mois par suite du renvoi de M. Amelot.
3. Le marquis a pris soin de nous tracer lui-même son portrait : « J'ai de l'imagination, dit-il, l'esprit très vif, et pour peu que quelque passion m'anime, je puis être entraîné fort loin, peut-être jusqu'à la folie, si je n'y prenais garde. Ce que j'ai d'esprit, je l'ai juste, j'ai le cœur et les sentiments lents, mais rudes et tenaces : mes affections sont durables, et pour ainsi dire opiniâtres ; la mémoire prompte et facile... Je vaux peu, mais je brûle d'amour pour le bon-
44 Clairamhault'Maurepas.